Le Portrait d'un musicien mythique et de son épouse, à travers des séquences de tournées et des scènes de la vie conjugale. Ce film réalisé par Dylan en personne ne dure pas moins de 3h52. Il fallait au moins cela pour nous faire entrer dans le quotidien et les tourments de l'idole musicale. Ce bijou fut tourné pendant la période "Rolling Thunder Revue" de Bob Dylan, une période bohème, entre 1975-76, durant laquelle il sortit le merveilleux album "Desire". Renaldo & Clara, œuvre inédite dans laquelle apparaissent aussi bien Sam Shepard que Allen Ginsberg avec Dylan et son ex-femme Sara.
Les heures se suivent mais ne se ressemblent pas, nous retrouvons des captations tant sur des lives que dans des loges, les rues, etc. Les lieux et les plans se succèdent, mais pourtant l'ensemble reste tout à fait homogène, c'est du pur bonheur. Nous nous retrouvons devant des images parfois floues, maladroites, mal cadrées, en gros plans ou bien remplies de "bruit", mais c'est justement ce qui fait tout le cachet et le charme du film. Il se positionne comme étant expérimental et un peu rebelle, imprégné de désinvolture. Mais nous n'irons pas nous en plaindre, bien au contraire !
C'est un film qui colle à la peau, qui fascine et perd le spectateur. Il se regarde encore plus facilement avec une bière à la main. Les ambiances et les scènes sont intenses, elles font vibrer. Les couleurs, les regards, la tension palpable à certains moments du film contribuent à une expérience vraiment unique. Tout ceci dans une version, bien sûr, entièrement en anglais. La sensibilité de la musique, les petites histoires et anecdotes qu'on à l'habitude de retrouver dans le coin du bar le soir, l’excentricité et le charisme des personnages, tout y est, tout pour s'envoler. Et il aura fallu attendre les premières paroles de Knockin on Heaven's Door pour briser mon corps en mille morceaux.