Bien qu'Eddie Constantine ai été, des années 60 aux années 90, le chouchou d'un certain cinéma d'auteur, on a longtemps balayé sa période de vedettariat d'un revers de la main en la résumant, sans s'y pencher plus que ça, à une compilation de séries B grand public sans grand intérêt. Heureusement que Bertrand Tavernier y a remédié en déterrant de très bons films, parmi lesquels ce "Repris de justice" de Vittorio Cotaffavi, auteur italien assez singulier.
Si le film a été commercialisé en France sur le nom de Constantine, il n'est le héro que du deuxième segment sur trois. Et malgré cette escroquerie il faut reconnaître que le film est assez intéressant. Cotaffavi capture bien cette ambiance assez grave, avec les difficultés de la réinsertion, tous les obstacles qui s'opposent à la reprise d'une vie normale. Certains s'en sortent, d'autres pas du tout.
Il y a des partis pris de mise en scène singuliers, des idées très intéressantes, notamment dans la façon d'introduire les personnages, de filmer les confrontations. Il faudra fouiller un peu le cinéma indépendant italien de l'époque, il y a de jolies réussites à trouver.