La simplicité est bien souvent la meilleure des recettes. Et Riddle of Fire le prouve bien, puisque tout est simple. Mais ici, simple n'est en aucun cas péjoratif, bien au contraire. Tout est si simple : la petite ville du Wyoming, Riddon, un petit gang d'enfants qui veut jouer à la dernière console (volée avec une simplicité merveilleuse), un remède et une tarte à la myrtille, un oeuf tacheté... C'est simple, mais pourtant tellement beau et prenant! Tout ce petit monde tient facilement dans un petit bocal en verre, sans s'éparpiller trop loin, et conservant tout du long cette douceur ambiante que l'on voit au travers des paysages, que l'on entend avec une bande son tout bonnement parfaite pour ce vaste monde fantaisiste.
On suit trois gamins qui semblent être de véritables petites canailles locales. Et ça roule en motocross, et ça tire avec des pistolets à gaz comprimé, et ça vole dans les entrepôts de la ville. Livrés à eux-mêmes, ils bâtissent leur propre monde et leur histoire, en l'absence d'adultes (la seule adulte des enfants que l'on voit est la mère des 2 garçons, mais elle est malade et n'est que peu présente pour eux). Les autres adultes, ce sont des vilains, des gens malveillants : le gros barbu cow-boy qui est à l'origine de l'aventure qui les attends parce qu'il a volé leur boîte d'oeufs tachetés ; une espèce de femme vaudou/sorcière qui n'a pas l'air recommandable ; le gérant de l'usine qui a prévenu la police du vol de la console. Tout le monde semble être contre les 3 garnements.
Et pourtant. Pour un oeuf, ils iront jusqu'à se mettre en danger dans la forêt (la notion de danger est relative ici puisque les enfants font preuve d'une indépendance assez précoce). La thématique du comte de fée est le petit plus qui fait passer ma note de 9 à 10. C'est dosé avec légèreté, il n'y a pas de "too much". On retrouve la hiérarchie connue des comtes : la fée, la princesse, les trois aventuriers, la sorcière et ses servants. La petite touche de surnaturel avec les paroles prononcées par la sorcière et sa fille Petal ajoute quelque chose qui parfait l'histoire : on s'identifie facilement à ces gosses, parce qu'on a tous eu (ou a encore) une imagination foisonnante.
Le jeu des enfants est très impressionnant. Ils arrivent à transmettre les émotions comme des acteurs expérimentés. On s'y attache très vite, si bien que j'ai eu envie à chaque instant de parcourir ce monde ouvert à leur côté, de retrouver cette fougue, cette liberté que j'avais à l'époque.
Je n'ai jamais écrit de critique. Je n'ai jamais osé me lancer, parce que je ne suis pas encore un fin analyste. Mais ce film m'a donné envie de lui rendre ce qu'il m'a donné, un pur moment de joie, de bonheur. J'aime de plus en plus les films doux et tendres qui font sourire. Merci Weston pour ce film, merci aux 3 garnements qui m'ont tout de suite parus fort sympathiques, merci à l'affiche qui est badass, et merci au cinéma!