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52 critiques
Critique de Rien que pour vos cheveux par Staircase
Non mais le gars qui fait un HIGH FIVE avec une MOUETTE quoi.
le 17 juin 2010
Dans la longue série des comédies d’Adam Sandler dans les années 1990 et 2000, réunissant souvent la même équipe d’amis, on ne peut pas dire que ces films aient trouvé un grand écho critique positif de ce côté de l’Atlantique. Leur penchant certain pour l’humour potache mais pourtant pas exclusif a fait pincer bien des nez des critiques les plus prudes de l’époque et encore maintenant.
Le temps a passé, oublions les vieilles querelles : la filmographie d’Adam Sandler regorge certes de productions malhabiles, mais aussi de petites perles de drôleries fantasques ou mignonnes, qui méritent d’être réhabilitées.
Parmi toutes les productions estampillées Happy Gilmore, du nom de sa société de production, Rien que pour vos cheveux ou You Don't Mess with the Zohan en V.O., est l’une des intentions les plus farfelues et ambitieuses du studio.
Le Zohan en question est un super-agent du Mossad, l’une des agences de renseignement d’Israël. Un super soldat aux talentueuses capacités, présentées dans le film avec une exagération toute parodique d’une telle figure. Un agent aussi bien capable de défoncer des portes ou des murs que de démanteler une arme en quelques secondes, voilà de quoi est capable Zohan, super-soldat, super-star mais aussi super-las d’être enfermé dans un cycle sans fin de batailles contre l’ennemi arabe. Face à sa némesis, le Phantom, il feint sa mort, pour arriver discrètement et clandestinement aux États-Unis. Car Zohan a un rêve, il veut devenir le meilleur coiffeur ever, c’est son truc. Il est fasciné par les cheveux et les coupes, grâce à un vieil ouvrage de coiffures un brin démodées. Une occasion lui est offerte d’entrer dans un salon, en bas de l’échelle, avant de grimper les échelons, jusqu’à ce que sa popularité le dépasse à nouveau.
Zohan, ou Scrappy Coco de son nouveau nom d’emprunt, est un personnage qui détonne. Même s’il est encore réfractaire à se rapprocher des arabes de ce côté du globe, il est d’une grande tolérance, notamment auprès des femmes. Il a une confiance sexuelle évidente qui va tourner bien des têtes à celles qui vont arriver dans son salon, qu’il peut gratifier de petites prestations sexuelles. Zohan a de la confiance en lui, un véritable sex-appeal exotique, qui pourra lui jouer des tours. Il cherche avant tout à rendre les clientes bien avec leurs cheveux ou dans leurs corps, mais protégera aussi quiconque en aura besoin. Sans chichis. Adam Sandler en fait un super coiffeur, tout aussi acrobatique et confiant dans ses possibilités, mais avec le regard légèrement désabusé qui exprime bien le titre du film « don’t mess with the Zohan ».
Adam Sandler a pris du muscle pour le film, lui qui habituellement jouait le grand fin de ses comédies. Il a même réalisé quelques cascades, dont l’incroyable course-poursuite contre un jet ski à la nage, l’une des meilleures scènes du film. Rien qu’avec ses personnages un peu loufoques, Zohan en tête, le film aurait pu s’appuyer sur le comique de ceux-ci, mais il a pu bénéficier d’un budget confortable pour ses scènes d’action, à la démesure de Zohan, toutes en exagération.
Parmi le reste du casting, on retrouve bien des familiers des productions Happy Gilmore, qui passent juste une tête ou s’installent en tant que personnages secondaires. Rob Schneider peut bien avoir été grimé en arabe acariâtre, Salim, son personnage obtus est excellent, notamment dans l’anodine mais hilarante scène où il doit composer un numéro. Parmi les nouvelles têtes, signalons la belle et talentueuse Emmanuelle Chriqui, en patronne de salon de coiffure et qui a bien du mal à le faire perdurer – elle ne laissera pas indifférent Zohan.
L’un est juif, l’autre est arabe. Et on ne peut pas reprocher au film de ne pas aborder la rivalité fraticide entre les deux populations depuis des décennies, une guerre éternelle que Zohan veut laisser derrière lui mais qui emporte malgré lui ses préjugés. Sans jeter la pierre sur quiconque, le film rappelle tout de même qu’il est possible de s’entendre et de s’aimer, et si c’est possible aux États-Unis alors ce pourrait l’être à Israël. Un vœu pieux, à bien des niveaux.
Soulignons aussi que cette culture du Proche-Orient est déclinée et rapatriée par les immigrants, à leur sauce. Une exagération parfois proche de la caricature, mais qui offre quelques profils intéressants, d’autant que bien des personnages secondaires, notamment ceux autour de Salim, sont des acteurs de cette région du globe. En dehors des quelques clichés, le vocabulaire et certaines traditions sont présentes, offrant un pont entre ces deux zones du globe.
Ambitieux, et réalisé avec application par le vétéran Dennis Dugan, un fidèle du clan Sandler, Rien que pour vos cheveux est une comédie loufoque, culotée, exubérante mais qui porte en lui un message de tolérance discret mais bienvenu. Un film imagina’tif et au cheveu canaille, une des meilleures réussites de ces années pour un Zohan qui en impose.
Créée
le 14 nov. 2025
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