Claude Baechtold, Suisse romand, protestant calviniste et angoissé depuis la mort tragique de ses parents, se retrouve en Afghanistan après le 11 septembre 2001 avec deux amis : son compatriote Serge Michel, correspondant du Figaro, venu rendre compte de la situation dans le pays, et Paolo Woods, photographe autodidacte, qui a terminé ses études d'histoire de l'art à Florence. Malgré lui, Claude est embarqué dans ce road trip en terre inconnue, affublé de l'étiquette de réalisateur pour la télévision suisse romande. Ce sont ses bandes, filmées avec un caméscope bon marché acheté au marché de Kaboul, qui sont diffusées dans le film. Elles sont montées avec brio dans un style décalé et humoristique, jouant sur les stéréotypes culturels et religieux : le réalisateur suisse peureux et réservé, l'"Italien chrétien" Paolo Woods, toujours joyeux et beau gosse, et le leader du groupe, le Suisse Vaudois Serge Michel.
Il s’agit donc d’un documentaire bien ficelé, plutôt drôle, mais pas non plus du niveau du Splendid !, avec une touche de géopolitique et de profondeur existentialiste. Pour ma part, j'y découvre (avec plaisir) et comprends surtout les vocations de deux grands journalistes : Serge Michel, 32 ans à l’époque et déjà lauréat du grand Prix Albert Londres pour ses reportages en Iran à la fin du XXe siècle, et Paolo Woods, 30 ans à l’époque, futur lauréat de deux grands prix de la photographie de presse.