Un jeune auto-stoppeur anglais, a priori dépouillé de ses affaires et récemment lourdé par sa copine, traverse la Normandie pour regagner son pays par Calais. En compagnie d’une autre stoppeuse récemment rencontrée et incarnant l’errance la plus totale, personne ne les prend étant donnée la terreur inspirée par un serial killer qui sévit sur ces mêmes routes. Une sorte de châtelain bab et insolite finit par les faire monter et même à les héberger dans sa grande demeure en compagnie de son épouse américaine non moins étrange.
Démarre alors un étrange jeu malsain entre le couple d’hôtes et le couple improvisé à l’intérieur d’une tension s’avérant de plus en plus explosive, d’une ambiance angoissante où se palpe la colère et le non-dit, dans une oppression plus paranoïaque que concrète. La qualité du film tient à la progression de l’angoisse qui vire à la traque, au twist final, à la confusion savamment entretenue du danger, et surtout au réalisme domestique et maladroit, au malaise intime qui nous identifie bien plus efficacement aux victimes qu’un show sensationnel à l’américaine.
Pourtant une inexplicable fadeur dans l’évolution de scènes et un manque manifeste de conviction des acteurs gâchent malheureusement un scenario original et me laissent la sensation que ce petit film d’angoisse restera bien périssable dans les souvenirs. Dommage. Du coup, je souhaiterais presque que les Américains en fassent un bon remake un de ces quatre.