Robin des bois, c'est un peu – chez moi, bien entendu - comme Jacquou le Croquant, comme Mandrin et plus récemment Rob Roy. Le mec sympa qui se lève contre l'oppresseur cynique et qui restaure l'honneur bafoué avec l'aide du peuple bienveillant, etc etc …
J'ai donc toujours une attirance naturelle vers ce type de héros que ce soit dans un livre ou au cinéma.
Là, j'ai compris à la fin seulement, qu'on n'aurait pas droit à ce type de héros, le film de Ridley Scott se voulant, en employant un mot savant, un prequel. Le film de Scott se veut historique : la mort de Richard en France au siège du château de Chalus, l'armée anglaise qui cherche à se refaire une santé financière en pillant, à bras raccourcis, la France, en plus, Robin qui usurpe la position de Robert mourant mais qui n'est qu'un fuyard pour rejoindre l'Angleterre, … La vérité historique donc … Comme si elle existait celle-là ! Et à la fin, Robin (ou Robert) devient Robin des bois, le héros qu'on attendait depuis le début …
Moi, j'en reste au mot de John Ford : "quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende".
Même De Funès dans je ne sais plus quel film, dit au grincheux qui cherche la vérité : "Mais le peuple aime qu'on lui mente"
D'ailleurs, la vérité historique, parlons-en ! Quand je vois Marianne en armure pourfendre l'ennemi (français), je rigole un brin car je n'imagine pas trop les femmes au moyen âge dans cette situation … Bien sûr, comme me le signale @p3i, il y a eu Jeanne d'Arc, ultérieurement. Mais Jeanne d'Arc, c'est pas pareil, d'abord, elle est française (hou hou, le Jean chauvin !!) et en plus elle était la cheffe de l'armée française, alors, ... Après cette mise au point nécessaire, pour ce qui concerne Marianne, probablement que la "prod" avait exigé un personnage féministe de sorte à montrer je ne sais quoi …
Ah si, j'oubliais le plus beau ! Si le film est proche de la vérité historique, alors reconnaissons que Scott rend un hommage appuyé aux français qui avaient inventé presque huit cents ans avant, la péniche de débarquement avec ouverture devant, sur la plage … Là, les Alliés n'avaient donc rien inventé dans les années 1940. Je m'attendais presque à voir sortir des chars des péniches ou des avions survoler les plages mais Scott s'est arrêté à temps. Ça n'aurait pas été crédible.
Les incontournables de l'univers de Robin des Bois, Frère Tuck (le moine gourmand), Petit Jean (le petit malin), le shérif de Nottingham (le couard), … sont ramenés à un service minimum. Dire que j'ai été privé de la dame de compagnie de Lady Marianne et ça, c'est vraiment grave …
Il ne me reste plus qu'à me mettre sous la dent le roi Jean, très fourbe et complètement incompétent qui n'est finalement pas si mal surtout quand il reçoit une belle gifle de la part de sa mère. Et la battante Marianne (Cate Blanchett) dont je n'apprécie pas trop le regard torve ni le comportement me faisant regretter la pétillante Olivia de Havilland
Russell Crowe qui est un acteur sensationnel dans Gladiator joue ici ce rôle ambigu de ce Robin qui deviendra Robert avant de revenir à Robin. Il est pas mal le personnage humaniste et honnête qui prend lentement la mesure des diverses infâmies qui sont perpétrées par cet infâme seigneur Godefroy avant de devenir un chef de guerre. Il est juste prêt à la fin où le fourbe Roi Jean le décrète hors-la-loi.
Faut-il que je m'étende encore sur ce film qui fait la part belle à des batailles et encore des batailles, entrecoupées de bagarres ou de scènes bizarres avec cette armée de brigands qui sont des enfants cachés dans la forêt. À part quelques brèves scènes où on sent poindre un peu d'émotion, j'ai trouvé le film bien compliqué où on finit par se perdre et surtout par s'y ennuyer.
Tiens et si je me ressourçais en revoyant pour la énième fois le film de Michael Curtiz dans un splendide technicolor et non avec ces couleurs pas terribles chez Ridley Scott ! Rien que pour Olivia de Havilland et Una O'Connor …
Modification texte le 2/08/2026