50 % satire 50% violence 100% chef d'oeuvre

J'ai decouvert ce must enfant sur canal+(d'ailleurs si quelqu'un trouve en quelle année cela a été diffusé, j'aimerais savoir l'age que j'avais mais surement trop jeune ).

Je vais être honnête : impossible pour moi d'être objectif avec ce film. RoboCop est mon doudou cinématographique. Je l'ai vu, revu et re-revu au point de connaître certaines scènes par cœur. Pourtant, à chaque visionnage, la magie opère encore.

Ce qui me fascine toujours autant, c'est la manière dont Paul Verhoeven parvient à mélanger plusieurs films en un seul. RoboCop est à la fois un film d'action brutal, une satire féroce du monde de l'entreprise, une œuvre de science-fiction crédible et une tragédie profondément humaine.

Dès les premières minutes, Detroit ressemble à une ville en train de s'effondrer. La criminalité explose, les policiers sont traités comme de simples numéros et les dirigeants de l'OCP semblent davantage préoccupés par leurs profits que par les vies humaines. Une simple phrase résume parfaitement cette logique : on envoie les meilleurs éléments dans les secteurs les plus dangereux en attendant presque qu'un drame survienne pour justifier le programme RoboCop. Même les vestiaires mixtes du commissariat participent à cette déshumanisation générale : l'intimité n'existe plus, les individus ne sont que des ressources parmi d'autres.

Puis vient Murphy.

C'est probablement l'une des meilleures décisions du film. Murphy n'est pas un super-flic, ni un héros invincible. C'est un père de famille, un collègue sympathique, un policier ordinaire auquel on s'attache immédiatement. Et c'est précisément pour cette raison que sa mort est aussi choquante aujourd'hui qu'en 1987. La scène reste d'une violence incroyable, non pas parce qu'elle est gore, mais parce qu'elle est longue, cruelle et profondément injuste.

La force du scénario est ensuite de prendre le chemin inverse de ce que l'on pourrait attendre. RoboCop est présenté comme une machine parfaite, quasiment indestructible. Pourtant, plus le film avance, plus l'homme reprend sa place derrière l'armure. Les souvenirs reviennent, les émotions ressurgissent, les rêves réapparaissent. Murphy renaît progressivement.

Le film atteint alors quelque chose de rare : nous faire considérer un personnage recouvert de métal comme plus humain que la plupart des êtres humains qui l'entourent.

Cette évolution culmine dans les dernières scènes. Après avoir été presque détruit par les forces de sécurité de l'OCP et confronté à ses propres créateurs, RoboCop n'est plus une machine. Même ses collègues refusent de l'abattre parce qu'ils ne voient plus un produit industriel devant eux, mais l'un des leurs.

Puis arrive cette conclusion parfaite.

"Vous êtes un excellent tireur, jeune homme. Vous vous appelez ?"

"Murphy."

Un sourire.

Générique.

Rideau.

Peu de films réussissent à conclure leur histoire avec une seule réplique. RoboCop y parvient.

Et puis il y a les méchants.

Clarence Boddicker et sa bande sont inoubliables. Chacun possède sa propre personnalité, son propre style, sa propre folie. Ils ressemblent presque à des boss successifs dans un jeu vidéo menant au véritable ennemi final : Dick Jones et son ED-209. Un robot gigantesque qui offre d'ailleurs l'une des scènes les plus célèbres du film lors de sa démonstration catastrophique qui conclut un déférlement de violence par une petite vanne cynique ( " appelez une ambulance " alors que le mec c'est devenu un steak haché sur la table ). Difficile également d'oublier le destin du pauvre Emil et sa transformation en cauchemar ambulant après son bain d'acide pour finir en bouillie liquide contre la voiture de son boss lancée à pleine vitesse .

Visuellement, le film reste impressionnant. Les effets spéciaux supervisés notamment par Rob Bottin et les animations en stop-motion réalisées par Phil Tippett ont remarquablement résisté au temps. Les maquillages gore, les impacts de balles, les robots, les miniatures et les effets mécaniques possèdent encore aujourd'hui une présence physique que beaucoup de productions modernes peinent à reproduire. Seule la chute finale de Dick Jones accuse réellement son âge, mais c'est un défaut minuscule dans un ensemble aussi maîtrisé.

Ajoutons à cela des cascades efficaces, des véhicules futuristes qui ne le sont pas mais crédibles, une ville qui semble vivante et morte à la fois et une musique héroïque inoubliable et l'on obtient un film qui dépasse largement le simple cadre du blockbuster d'action.

Violence, satire sociale, science-fiction, humour noir, émotion, action : tout fonctionne.

RoboCop demeure pour moi l'un des plus grands films des années 80 et l'une des plus belles démonstrations qu'un film populaire peut être à la fois spectaculaire, intelligent et profondément humain.

Et la fameuse musique heroique , Basile Poledouris nous a concocté une BO sublime avec un theme qui reste marqué à jamais .

10/10.

Presque quarante ans après sa sortie, RoboCop reste pour moi un miracle de cinéma populaire. Un film capable d'être drôle, violent, émouvant, intelligent et spectaculaire sans jamais sacrifier l'un de ces aspects au profit d'un autre.

Beaucoup de films ont essayé d'imiter sa violence. D'autres ont tenté de reproduire sa satire. Certains ont voulu copier son esthétique futuriste. Aucun n'a vraiment réussi à réunir tous ces éléments avec autant de talent.

Alors oui, je manque totalement d'objectivité lorsqu'il s'agit de RoboCop. Mais certaines œuvres finissent par dépasser le simple statut de film pour devenir des compagnons de route que l'on retrouve avec le même plaisir à chaque visionnage.

Et pour celui-ci...

J'en prendrais pour un dollar.

docjester
10
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Créée

le 14 sept. 2022

Modifiée

le 9 juin 2026

Critique lue 47 fois

docjester

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