L'acier, la chair et la satire.

Découvrir ou revoir le RoboCop de 1987, c'est se prendre une décharge d'adrénaline et d'intelligence en plein visage. Bien loin des remakes lissés et aseptisés, le film de Paul Verhoeven reste, presque quarante ans plus tard, un monument indéboulonnable de la science-fiction.


​Le triomphe du concret et de l'organique :

Ce qui saute aux yeux, c'est la qualité incroyable des effets spéciaux de l'époque. On est dans cet âge d'or du cinéma 'physique' où tout semble avoir un poids, une odeur, une texture. Les prothèses, les impacts de balles et le design de Robocop lui-même dégagent quelque chose de viscéral et d'organique que le numérique ne pourra jamais totalement remplacer. Chaque mouvement d'Alex Murphy sous son armure transpire la douleur et l'humanité perdue, rendant le personnage profondément tragique et attachant.


​Une mise en scène au service d'un propos féroce :

La mise en scène de Verhoeven est d'une efficacité redoutable. Le réalisateur néerlandais insuffle son style unique : une violence graphique assumée, presque outrancière, qui sert de miroir à une société ultra-capitaliste en décomposition. L'histoire ne se contente pas d'être un récit de vengeance ; elle dissèque avec un humour noir dévastateur la corruption, la privatisation de la police et la perte d'identité. Les fausses publicités et les JT qui ponctuent le film sont des coups de génie qui renforcent l'immersion dans ce Detroit dystopique.


​Un héros iconique :

RoboCop est plus qu'une machine, c'est une figure christique de métal. Le film réussit l'exploit de nous faire vibrer pour ce policier qui tente de retrouver son nom et ses souvenirs au milieu d'un bain de sang. C'est brillant, c'est nerveux, et c'est porté par un rythme qui ne faiblit jamais.


​En résumé : Un film total. À la fois film d'action culte, drame existentiel et satire politique visionnaire. Une œuvre organique et brute qui prouve que le cinéma des années 80 avait une âme que l'on peine à retrouver aujourd'hui. Un immense 9/10.

Hal
9
Écrit par

Créée

le 25 déc. 2025

Critique lue 10 fois

RoboCop

RoboCop

8

Sergent_Pepper

le 1 mars 2014

Suivre
Dernière modification

le 1 mars 2014

50% blockbuster, 50% auteur, 100% Verhoeven.

C’est bien à la fameuse politique des auteurs que je dois le visionnage de ce film. Lorsqu’un réalisateur singulier et malin s’empare d’un sujet aussi puissamment commercial, on est à l’affut de la...

RoboCop

RoboCop

9

StandingFierce

le 12 oct. 2013

Suivre

Le Miroir aux Alouettes

-"Hey mec j'ai une super idée!" -"Je t'écoute" -"On va faire un film qui démonte la société de consommation capitaliste." -"Et comment on le vends le film après? pauvre gogol lol" "-T'as raison, on...

RoboCop

RoboCop

9

Gothic

le 14 sept. 2014

Suivre

Human After All

Si vous n’avez pas vu "RoboCop", quittez cette page. Vous avez 20 secondes pour obéir. En surface, ce diamant brut du hollandais peut être perçu comme un simple film d'action, sans profondeur, aussi...

Fallout 3

Fallout 3

9

Hal

le 19 juil. 2012

Suivre

Bienvenue dans un monde post-apocalyptique grandiose.

C'est pour moi un des meilleurs jeux next-gen. Ce jeu mélange à merveille le côté fps et jeu de rôle , ce qui donne un résultat tout simplement somptueux. L'exploration est trés présente dans Fallout...

Les Sentiers de la gloire

Les Sentiers de la gloire

9

Hal

le 19 juil. 2012

Suivre

A été très longtemps censuré en France.

Très bon film de Stanley Kubrick (pléonasme...), les sentiers de la gloire est une dénonciation éprouvante (dans le bon sens du terme) de l'absurdité de la guerre et surtout de ceux qui la dirige. A...

Astérix aux Jeux olympiques

Astérix aux Jeux olympiques

1

Hal

le 19 juil. 2012

Suivre

Un film qui a marché grâce à la pub

La pire comédie que j'ai jamais vu, il n'y a strictement rien à tirer de ce film à part que c'est une grosse bouse cinématographique. Tout le budget est passé dans les décors mais pour le reste c'est...