Bien “robustes” les deux protagonistes de “Robuste” le filme de Constance Meyer.
Lui un vieil acteur (Gérard Depardieu) qui semble ne plus être en phase avec son monde, elle une jeune agente de sécurité (Déborah Lukumuena), en remplacement, qui fait garde du corps, baby-sitter, répétitrice, presque bonne à tout faire.
Et de cette rencontre improbable, Constance Meyer a fait un très singulier et tendre film qui a ouvert la Semaine de la Critique à Cannes.
Lui joue son rôle ("fait du Depardieu" tel qu'on l'imagine dans la vie) avec autant de détachement que sa réticence à s’entraîner au maniement de l’épée pour le film en cours. Elle sent sa vulnérabilité, son besoin d’attention, de présence et sait avec talent être là, bien en place et avec suffisamment de distance.
Elle sait aussi que c’est son job et que fille des cités elle doit tenir sa place, son rôle, son engagement.
La jeune Déborah, lutteuse de haut niveau dans un club de banlieue, bien costaude (plus que lui, c’est dire...), sait par sa finesse, sa discrétion (qui est aussi son choix de vie) permettre à ce vieux “ronchon” de le rester, tout en mesurant le décalage entre ceux qui sont toujours à sa botte et cette recrute de passage mais qui va laisser trace. L’interprétation “robuste” de Déborah Lukumuena mérite qu’on aille la voir... et saluer ce premier film.
Film présenté à la Semaine de la Critique à Cannes.
**https://blogs.mediapart.fr/arthur-porto/blog/270222/quelle-robustesse-deborah