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Mémoire d'été
Il y a quelque chose de très simple et de très beau dans Romería, un film qui n’essaie jamais de forcer l’émotion mais la laisse venir naturellement.La caméra de Carla Simón accompagne plus qu’elle...
le 13 avr. 2026
Il y a quelque chose de très simple et de très beau dans Romería, un film qui n’essaie jamais de forcer l’émotion mais la laisse venir naturellement.
La caméra de Carla Simón accompagne plus qu’elle ne montre. Elle observe, elle respire avec les personnages. Il y a une forme de mélancolie et de douceur dans la manière de filmer, donnant l'impression que chaque plan gardait une trace de quelque chose qui disparaît déjà. La caméra, autant celle de la réalisatrice que de la protagoniste, devient un personnage. Elle glisse sur les visages, s’attarde sur les silences, sur les gestes minuscules. Pas besoin de grands rebondissements, tout passe par les regards, les absences, les petits gestes, les déplacements.
L'ambiance mélancolique est renforcée par la chaleur, presque palpable, qui accompagne le film. Le sable, le soleil, la mer, la lumière qui accompagnent la recherche de la vérité sur les origines apportent une vraie douceur, même quand le propos devient plus grave, ce qui devient troublant.
Le film évite soigneusement le mélo. Il pourrait facilement y tomber, mais il reste toujours dans la retenue, dans l'accompagnement de la protagoniste sans jouer sur de grandes révélations. Les émotions ne sont jamais surlignées, elles existent simplement, et c’est ce qui les rend d’autant plus fortes.
Beaucoup de moments n'ont pas besoin de grandes révélations ou de longs discours à l'image de méditation sur la plage, d'une danse rock et macabre ou de dîner de famille gênant.
Car Carla Simón parle surtout de la famille, des non dits, des confrontations ou au contraire de ce qui peut parfois réunir. C'est une découverte pour la protagoniste, et avec elle, on va découvrir toute une famille et on devine comment elle a grandit, comment chacun a fait, ou non, son deuil.
L’actrice principale apporte une lumière très particulière. Elle ne surjoue rien, elle est là, pleinement, avec une forme de douceur qui capte immédiatement. Son visage devient un reflets des émotions du film.
Avec une caméra qui accompagne plus qu'elle ne montre, Carla Simón se permet aussi un passage onirique, comme une pause au milieu de la découverte de la famille, un retour en arrière qui condense, sans avoir recours a beaucoup de dialogues, la mélancolie, beauté et fragilité d'un amour capté dans le vif, survivant malgré une drogue qui ronge tout de l'intérieur.
Romería est un film qui fait confiance. À ses personnages, à ses images, et au spectateur. Il ne cherche pas à impressionner ou exagérer, mais simplement à faire ressentir, et c'est tour à tour beau, mélancolique, fragile, mystérieux ou solaire.
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le 13 avr. 2026
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