Si les sœurs Lillian et Dorothy Gish dans une oeuvre historique me font d’abord penser au cinéma de Griffith, il serait tout de même dommage que Romola, adaptation du roman éponyme signé Henry King, tombe totalement dans l'oubli.


Si c'est bien le personnage de la magnifique Lillian Gish qui donne à l'oeuvre son titre, elle est plus axée sur un remarquable William Powell, parfait dans un rôle de salaud guidé par le pouvoir au détriment de ceux qui l'entourent. En général, ce genre de film puise d'abord sa force dans son contexte historique, ici passionnant en nous envoyant vers la fin du XVème siècle, puis dans les personnages, et pour cela, Henry King démontre une vraie maîtrise du scénario.


Ils sont tous intéressants, on va autant s'attacher à la jeune Romola ou sa sœur, que l'on va détester Tito, surtout coupable de jouer avec les sentiments de celles-ci. Le futur metteur en scène du remarquable La Cible Humaine montre une certaine connaissance des codes du muet, il sait jouer avec les visages des personnages pour ne pas trop abuser des cartons explicatifs, parvient à faire comprendre les sentiments des personnages, que ce soit la haine ou la détresse en filmant un simple regard, ce qui participe aussi au charme que l'on peut trouver à Romola.


Néanmoins tout n'est pas parfait, et il n'a pas la maîtrise de Griffith, notamment, pour rendre l'aspect mélodramatique bouleversant, il n'y a pas une dimension forte autour de l'amour ou de la mort et l'oeuvre en souffre un peu. Sans être préjudiciable, c'est tout de même dommage, et ce malgré une reconstitution impeccable ou encore de très bons comédiens, à l'image d'une Lillian Gish, comme toujours, aussi jolie qu'inoubliable, sachant, par un simple regard, faire passer toutes les émotions du monde, et rendre son personnage fascinant.


Si Henry King ne parvient pas à faire de Romola un grand mélodrame bouleversant, il parvient tout de même à nous emmener dans l'Italie du XVème siècle, démontrant un vrai sens du rythme ainsi que de la maîtrise des codes muets, tout en sublimant de très bons comédiens et notamment une inoubliable, comme toujours, Lillian Gish.

Docteur_Jivago
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le 9 avr. 2018

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