John Frankenheimer renoue avec la grande tradition du polar hollywoodien, mais il le fait à travers la France, entre Nice et Paris, ce qui donne une touche très Européenne à ce film vitaminé, ça change des sempiternels décors américains de New York ou de Los Angeles. De plus, il engage un casting recruté aux 4 coins de l'Europe, seul De Niro est Américain. Le réalisateur instaure une ambiance de nuit, du charme (avec la belle Irlandaise Deirdre, incarnée par Natasha McEllone, seul contact parmi ces hommes), et du mystère (on ne sait pas qui est l'employeur de ces mercenaires et ce qu'il y a dans cette foutue mallette).
Le scénario volontairement confus, et les personnages assez creux sont compensés par la maîtrise de la mise en scène très percutante avec comme véritable atout, les séquences démentielles de poursuites en grosses cylindrées dans les rues de Nice et de Paris qui font ressembler celles de Bullitt à une promenade de santé. C'est d'ailleurs ces scènes de bagnoles qui peuvent un peu gêner au premier abord, on dirait que le film est construit autour de ces 2 scènes décoiffantes de poursuite filmées à bras le corps, et de 2 ou 3 scènes de canardages en pleine rue, et que les trous à combler sont mal définis. Mais après tout, il vaut mieux prendre le parti de se détendre en regardant Ronin comme un film d'action très musclé avec de grands acteurs.
Ce qui est intéressant aussi, c'est de voir le monde des services secrets actuels qui sont symbolisés par des desperados redoutables, de vrais samouraïs modernes, un monde où l'ombre et l'appât du gain est plus important que tout. Ces cavales sont en plus filmées dans un Paris totalement dépourvu des clichés touristiques qu'on peut rencontrer dans les films classiques américains, pas de Tour Eiffel ici, que des rues banales et le périph' où l'on roule vite, ce qui donne une crédibilité supplémentaire à ce monde impitoyable des barbouzes modernes. La virtuosité des cascadeurs est également à saluer, surtout pour la poursuite dans les rues très étroites du Vieux Nice, je connais ce quartier et je sais pas comment ils ont pu filmer ça, c'est vraiment de grands pros. Un polar qui se suit sans ennui.

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le 22 févr. 2018

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Ugly

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