Caméra à l'épaule, le huis clos claustrophobe de Sharon Bar-Ziv n'est pas inintéressant mais manque de pas mal de chose pour dépasser le cadre de film auteurisant finalement assez moyen.
D'un point de vue formel, l'alternance de couleur et de N&B n'apporte pas grand chose, de même que la boucle dans laquelle se trouve le personnage principal ou cette fameuse caméra à l'épaule, censément immersive, qui peine à provoquer autre chose que la nausée.


Les qualités du films se situent plutôt du côté de l'enquêtrice de la police militaire, droite dans ses bottes, et dans son évolution durant le film, sa candeur se confrontant régulièrement avec la réalité de ses interlocuteurs : entre lâcheté et facilité commune (tout du moins dans leur personnalité à leur arrivée dans le film).


En revanche, les deux militaires de la brigade incriminés, en particulier le second, sont de mon point vue assez ratés, leur évolution au cours des interrogatoires semblant pour le moins suspecte. En effet, si je peux admettre le renversement du premier interrogé sur le compte de sa culpabilité et de la nécessité de se soulager d'un fardeau important, rien dans ce qui nous est montré à l'écran ne justifie que la montagne d'arrogance et de certitudes qu'est le capitaine de la brigade tourne soudain casaque, et en particulier pas la façon dont les interrogatoires sont menés par l'héroïne et filmés par le réalisateur. Ainsi, il craque subitement et avoue ses méfaits, à mon grand étonnement puisque rien n'explique ce retournement.


Un point reste en suspend, l'intérêt de l'histoire de couple de l'héroïne avec ce connard ordinaire qui lui sert d'amant. L'alternance de scène charnelle et des interrogatoire, métaphore du corps à corps j'imagine ne manque pas nécessairement de sens, mais quel est sa place dans l’œuvre ? Il s'agit probablement d'insister sur la promiscuité et l'ambiance d'interrogatoire permanent dans le film, ceci appuyé par les plans à l'épaule très proche des personnages.


Quoi qu'il en soit, le résultat sans être mauvais reste assez mitigé pour moi, les défauts du films limitant l'impact qu'il aurait pu avoir si il avait été conçu différemment.

CorwinD
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Films vus en salle en 2013

Créée

le 14 déc. 2013

Critique lue 305 fois

CorwinD

Écrit par

Critique lue 305 fois

D'autres avis sur Room 514

Room 514

Room 514

1

loutrehollandaise

le 17 août 2025

Suivre

A bannir des plateformes

Je ne vais pas trop rentrer dans les détails car il n’y en a pas beaucoup. Il n’y a pas d’histoire, du moins s’il y en a une elle est incompréhensible. Entre les plans en caméra épaules réalisées par...

Room 514

Room 514

3

YasujiroRilke

le 5 janv. 2024

Suivre

Critique de Room 514 par Yasujirô Rilke

Dans un style hyper-réaliste (au risque de la complaisance de certaines séquences, inutilement longues), le réalisateur sonde avec beaucoup de maladresses les aspirations et les limites de la justice...

Room 514

Room 514

5

CorwinD

le 14 déc. 2013

Suivre

Critique de Room 514 par CorwinD

Caméra à l'épaule, le huis clos claustrophobe de Sharon Bar-Ziv n'est pas inintéressant mais manque de pas mal de chose pour dépasser le cadre de film auteurisant finalement assez moyen. D'un point...

Du même critique

Le Poulpe

Le Poulpe

7

CorwinD

le 27 juin 2014

Suivre

N'importe quoi lui...

Malgré un rythme parfois chaotique et des lenteurs pas forcément justifiées, ce céphalopode me plait quand même beaucoup. Porté par un Daroussin parfait et une ribambelle de seconds rôles, de gueules...

Malaterre

Malaterre

8

CorwinD

le 18 sept. 2018

Suivre

Malatête

Après le succès mérité de l’adaptation de Pereira prétend il y a 2 ans, Pierre-Henry Gomont sort une nouvelle œuvre intéressante : Malaterre. Autant le dire tout de suite, c’est une vraie...

La Ligue des super féministes

La Ligue des super féministes

8

CorwinD

le 6 mars 2019

Suivre

Manuel d'édification féministe

La première chose qui m’est venue à l’esprit en terminant la ligue des super féministes a été que j’aimerais voir cette BD dans les bibliothèques, les CDI, le coin lecture des classes de cours...