Véritable film culte aux USA, "Pretty in pink" est LE film fétiche de toutes les petites filles ayant grandis dans les années 80. Pensez donc, une comédie girly narrant les déboires de l'innocente Molly Ringwald devant choisir entre son meilleur ami légèrement déjanté et un beau gosse de bonne famille, ça fait forcément rêver.
Heureusement, John Hugues s'occupe du scénario et c'est déjà ça, l'auteur n'ayant pas son pareil pour décrire avec justesse les affres de l'adolescence tout en répondant aux impératifs commerciaux. Derrière ses apparats de pur teen-movie, "Pretty in pink" est donc une chronique touchante et attachante, plutôt drôle, soignant ses personnages et jouant habilement avec les clichés, bien aidé par un casting sympathique dont on s'amusera à découvrir les débuts d'un James Spader tout jeunot.
Cela dit, il faut bien admettre que l'ensemble a atrocement vieilli, compilant tout ce qui se faisait de plus laid à cette époque et n'arrive jamais à la hauteur d'un "Breakfast Club", tant il manque la folie d'un "Ferris Bueller" ou d'un "Weird Science", d'autant que la formule Hugues commence ici à montrer ses limites, la faute peut-être à un aspect calibré beaucoup plus voyant, le scénario ayant été légèrement modifié en réponse à l'attirance à peine dissimulée de Molly Ringwald pour son partenaire Andrew McCarthy, au détriment d'un Jon Cryer volant pourtant la vedette aux tourtereaux. Cela reste cependant agréable à suivre et bien au-dessus de la moyenne du genre.