J'avais entendu énormément de bien de RRR, et sa disponibilité sur Netflix m'a enfin donné l'occasion de le découvrir. Le résultat dépasse largement mes attentes.
Pour résumer le film en une image, c'est un peu comme si Braveheart ou The Patriot avaient rencontré le sens du spectacle du cinéma indien. On retrouve cette grande fresque historique où l'amitié, le sacrifice et la révolte occupent une place centrale, mais avec une mise en scène qui assume pleinement la démesure. Les scènes d'action flirtent constamment avec l'impossible, sans jamais chercher à être réalistes. Elles cherchent avant tout à être épiques, et elles le sont.
S. S. Rajamouli impressionne surtout par sa maîtrise du rythme. Malgré ses trois heures, je n'ai pas vu le temps passer. Chaque séquence semble vouloir aller plus loin que la précédente, mais le film n'oublie jamais de développer la relation entre ses deux personnages principaux. C'est d'ailleurs cette sincérité qui permet au spectacle de fonctionner : derrière les ralentis, les combats complètement fous et les séquences musicales, il y a un véritable souffle romanesque.
Comme dans les meilleurs blockbusters, tout est pensé pour provoquer une émotion, qu'elle passe par l'action, le drame ou l'humour. Le film assume pleinement son identité indienne sans jamais chercher à s'occidentaliser, et c'est précisément ce qui le rend si singulier.
Grand, spectaculaire et profondément généreux, RRR rappelle qu'un blockbuster peut être excessif tout en restant maîtrisé. Une fresque épique qui réconcilie le grand spectacle hollywoodien avec la folie créative du cinéma indien. Trois heures de pur plaisir dont je n'ai pas vu passer une seule minute.
Si vous pensez que le cinéma d'action a déjà tout montré, RRR risque bien de vous faire changer d'avis. Un immense spectacle qui prouve qu'il reste encore des cinéastes capables de faire rêver comme des enfants tout en livrant une véritable fresque épique.