Je n’ai raté aucun des longs métrages de la réalisatrice marocaine Maryam Touzani.
Trois films, tous réussis.
Tous aussi sur des sujets difficiles traités avec beaucoup de pudeur et de sensibilité.
"Adam", sur le douloureux itinéraire d’une fille-mère, "Le Bleu du Caftan" sur l’homosexualité qui connut des difficultés de diffusion (on s’en doute) et enfin "Rue Malaga" sur la vieillesse.
Tous tournés au Maroc.
"Rue Malaga", actuellement sur les écrans, met en scène une vieille femme (admirablement interprétée par Carmen Maura pour la première fois nue à l'écran à 80 ans !!) que sa fille va contraindre à abandonner son logement dans Tanger.
Film sur le grand âge, la terrible ingratitude des enfants incapables de s’assumer financièrement mais aussi film d’espoir où on comprend qu’il n’est jamais trop tard pour vivre pleinement.
Film amère et très drôle aussi.
Les séquences où Maria Angeles se confie sur sa sexualité à soeur Josefa (géniale María Alfonsa Rosso) qui a fait voeux de silence valent à elles seules le déplacement.
Maryam Touzani continue donc à nous charmer, nous étonner même si les César ou les Oscar l’ignorent, elle est incontestablement une très grande réalisatrice.