Originaire de Normandie, la période 39-45 est un sujet qui m’interpelle depuis toujours. Ce sont surtout ces histoires humaines qui me parlent, comme celle d'Anne Frank qui m'a marquée depuis mon enfance.
Ce court métrage m'a beaucoup ému. La dynamique du dessin en noir et blanc a de la force : ce trait vibrant, en mouvement, fait ressentir la puissance de chaque coup. Mais au-delà de l'animation, c'est le parcours de Johann « Rukeli » Trollmann qui marque. Voir cet homme conserver sa fierté et porter sa culture tzigane — cette manière de boxer comme une danse — face à l'oppression nazie est magnifique.
Ne connaissant pas son histoire, la fin du film m'a interpellée et j'ai fait des recherches sur sa fin de vie. J'ai découvert que dans le camp, épuisé par le travail forcé, il avait réussi à battre un Kapo qui le provoquait sur un ring improvisé. Incapable d'accepter sa défaite, ce Kapo l'a ensuite assassiné par derrière. Je tenais à le mentionner ici pour saluer la mémoire d'un homme qui est resté fort et digne. Une leçon d'humanité qu'il ne faut pas oublier.