Les dialogues étant absents du film, Rumba fait clairement la part belle au langage corporel de ses protagonistes. Le style est d'ailleurs bien plus proche d'un Monsieur Hulot que de la gestuelle décallée de Pierre Richard.
Le ton est tellement décallé qu'il vaut mieux être préparé au risque d'être plus que déçu, mais si on est ouvert à tous les styles de cinéma, il n'y a pas de raison de bouder ce Rumba si singulier dans le paysage mondial du long métrage.
C'est d'ailleurs une prouesse de parvenir à tenir le rythme et l'attention sur une telle durée, avec finalement aussi peu de moyens : les plans sont fixes, prennent leur temps, mais l'éllipse visuelle y est maniée avec tellement de brio que cela marche, et qu'on se laisse porter sans se demander quelle pourra bien être la prochaine étape de cette comédie atypique.