Alors, je dois apporter une précision dans cette critique. Je suis une buse en ce qui concerne tout ce qui a attrait à la F1, que ce soit sur le plan historique que sur celui technique, le néant absolu, une inculture complète... Je savais à peine qui est James Hunt (ou plutôt était !!!), qui est Niki Lauda... J'en suis pas fier, car il ne faut pas être fier de son inculture... Il fallait un peu y remédier, et pourquoi pas d'une façon qui m'apparaît comme la plus agréable...
J'ai entendu de bons échos sur ce film, disant que c'est le meilleur film de Ron Howard, réalisateur correct mais pas incroyable pour moi, qu'il est vraiment passionné par son sujet, oeuvre qui lui tenait à cœur, etc... Toujours est-il que du fait de ma méconnaissance complète du sujet du film, à savoir la rivalité entre Hunt et Lauda, quelle est la part d'invention ???, si la vérité historique a été plutôt plus ou plutôt moins respectée ???... Bref, je ne peux que juger le film que sur des critères purement cinématographiques, la mise en scène (reconstitution de l'époque, technique, musique, intensité des scènes de course, etc...!!!), le scénario, la consistance des personnages, et enfin le jeu des acteurs...
Pour ce qui est de la mise en scène, la reconstitution des années 70 m'apparaît convaincante, soignée pas ostensible, deux bonnes qualités pour une reconstitution. La technique, rien à dire de négatif. La musique, très hollywoodienne, dans le bon sens du terme, très hanszimmerienne (ah tiens normal c'est ce cher Hans Zimmer qui s'est chargé de la BO, comme j'adore ce compositeur je ne vais pas m'en plaindre !!!) Les scènes de course sont impeccablement réalisées, d'autant plus qu'elles ne sont pas filmées juste pour montrer des voitures de course aller à une vitesse vertigineuse autour d'un circuit mais aussi pour montrer l'humain au cœur de tout cela et ainsi insuffler un supplément d'intensité psychologique et un supplément d'empathie... Ceci me permet de rebondir sur le scénario et ensuite sur la consistance des personnages...
Le scénario ne procure aucune surprise dans sa construction en suivant les schémas classiques du film de rivalité, antagonisme complet entre les deux hommes, l'un surpasse l'autre, l'autre surpasse ensuite l'un, la froideur des relations va peu à peu laisser place à une estime réciproque qui va trouver son point culminant à la fin... Consistance des personnages, le dragueur fêtard vs la rigueur et le calcul, bien servie par ce schéma scénaristique car en le suivant fidèlement on évite de tomber dans le stéréotype pur et dur et sans la moindre nuance à base d'opposition totale de personnalités sur laquelle Ron Howard aurait pu bêtement tenter de rester, mais comme il y a évolution dans les relations... On peut regretter que les personnages secondaires ne soient pas plus exploités mais bon...
Pour ce qui est de l'interprétation, Chris Hemsworth se débrouille pas mal mais je trouve que pour le coup Daniel Brühl se taille la part du lion, parvenant même à rendre son personnage sympathique dès le début alors que dès les premières minutes ce n'était pas évident...
Autrement, pour conclure, on sent vraiment Ron Howard passionné par ce qu'il filme, on sent réellement que c'est personnel pour lui, et je pense que ça concourt grandement au fait que le spectateur que je suis, c'est-à-dire pas super-intéressé a-priori par les courses de F1 et surtout pas super-connaisseur, ait été assez emballé par l'ensemble.