Prendre la star absolue de Hong Kong et la parachuter à Los Angeles avec la grande gueule du stand-up américain : sur le papier, le cocktail sentait la commande de studio calibrée sans âme. Pourtant, le long-métrage de Brett Ratner s'impose encore comme un modèle de rythme et d'efficacité pop-corn.
En effet, la vraie force de Rush Hour ne réside pas dans son intrigue policière — d'une maigreur à faire peur —, mais dans l'intégration spectaculaire d'une grammaire martiale inédite au cœur du buddy cop movie. Jackie Chan ne s'adapte pas aux exigences hollywoodiennes, il plie le décor à son burlesque acrobatique tandis que Chris Tucker mitraille ses répliques. La mise en scène s'efface intelligemment pour laisser respirer deux bêtes de scène au sommet de leur forme.
Mais sous ses airs de divertissement parfait, le film cache des coulisses bien plus chaotiques qu'il n'y paraît. Entre les tensions de tournage liées aux barrières linguistiques et les choix de montage imposés pour l'exporter, la naissance de cette franchise tient du miracle.
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