Film littéraire avec un scénario inspiré du roman Les nuits blanches, de Dostoïevski (1848) et quelques références à l’adaptation faite par Visconti dans les années 1950.
Un casting étonnant
- Le tout nouveau Ranbir Kapoor, incarne Raj, en chapeau et gros nez, joue le côté enfantin de la masculinité, et apporte une touche de fraicheur à un film par ailleurs onirique et nocturne
- Rani Mukerji est Gulab, en prostituée éblouissante, à l'anglais cocasse
- La logeuse Lilian surnommée Lilipop, chrétienne qui s’exprime en anglais, l’incroyable Zohra Sehgal (1912-2014)
- Sakina, la femme obsessionnelle et mystérieuse, drapée dans son islam, est incarnée par Sonam Kapoor, qu'on rencontre plus tard dans le bon film LGBT qu'est Ek Ladki Ko Dekha Toh Aisa Laga.
- Salman Khan à la masculinité extravertie - dont le choix par les réalisateurs est toujours énigmatique et agaçant - joue le mystérieux
Décors
Le film est entièrement tourné en décors de studio (un peu carton-pâte) à la façon Broadway : on y trouvera des cours d'eau et des ponts dignes de Venise, des enseignes new-yorkaises, un arc de triomphe... Tout y est extravagant, soigné et beau. Absolument kitsch.
Une envie de faire exister en paix les principales communautés religieuses de l’Inde. Du coup les dialogues oscillent entre trois langues : anglais, hindi et ourdou.
Ça ne manque pas de chansons
Dès la neuvième minute du film, on en est déjà à la deuxième chanson, ça s'enchaine avec les promesses de l'arrivée d'une fée. L'ambiance est sombre, lourde, gothique.
Amour et religion
Quel est l'enjeu du film ? Évoquer les peines de l'existence, entre la tristesse et la joie ? Illustrer un énième amour impossible entre personnages mono maniaques ?
https://parisbollywood.blogspot.com/2024/02/saawariya.html
Tout est beau, mais on ne comprend pas bien où le spectateur est emmené. Ce n'est décidément pas le film le plus aimable ni le plus abouti de Bhansali. Heureusement, il y a Rani... et Gangubai viendra bientôt.