Sorti sur les écrans américains en 1954, Sabrina marque la dernière collaboration entre la Paramount et le cinéaste Billy Wilder, adaptant là une pièce de Samuel Taylor.
Sorte de relecture contemporaine du célèbre conte Cendrillon, Sabrina reste encore aujourd'hui un classique de la comédie romantique, contenant en son sein une grande partie des figures imposées qui feront le succès du genre. Le récit pourra paraître un peu prévisible pour un spectateur le découvrant aujourd'hui, mais la qualité d'écriture et le talent de Wilder compensent heureusement les quelques faiblesses de l'ensemble.
Offrant un cadre absolument somptueux à son intrigue, Billy Wilder filme les échanges de ses comédiens avec le sens du rythme qu'on lui connait, capte notre attention sans jamais forcer, même si les dernières minutes peinent à camoufler une très légère baisse d'intérêt.
Bien peu de choses au regard du reste, savoureux ping-pong entre des têtes d'affiches aussi glamours que drôles, le trio Audrey Hepburn / Humphrey Bogart / William Holden irradiant la pellicule, même si le héros de Casablanca (remplaçant au pied levé un Cary Grant prévu à l'origine), n'aurait pas franchement apprécié que la jeune Hepburn coiffe au poteau sa compagne Lauren Bacall.
Peut-être pas aussi marquant qu'un Some Like it Hot qui viendra quelques années plus tard, Sabrina reste un modèle de comédie romantique, un petit bol d'air aussi attachant que pétillant, s'amusant des rapports forcément compliqués entre hommes et femmes.