Sans jamais nous connaître, réalisé par Andrew Haigh, explore les méandres des relations humaines à travers un prisme intime, où l’amour côtoie le deuil et la solitude.


Le film brille par une ambiance sonore d’une grande finesse, où les compositions oniriques d’Emilie Levienaise-Farrouch accompagnent à merveille l’intensité émotionnelle de la narration. L’interprétation d’Andrew Scott (Adam) est touchante, mais c’est Paul Mescal (Harry) qui se démarque par une prestation fascinante, empreinte de vulnérabilité et de noirceur, dans un style qui lui sied à merveille. Leur alchimie crève l’écran, particulièrement dans des scènes érotiques d’une poésie rare, traduisant une connexion profonde et sincère entre les personnages. Visuellement, la photographie contribue à renforcer cette intimité, tout en reflétant le poids des thématiques abordées : dépression, suicide, homosexualité, et dépersonnalisation dans un monde surpeuplé.


Cependant, si ces sujets sont traités avec délicatesse, certains choix scénaristiques affaiblissent quelque peu l’impact global. Le spectateur apprend très tôt que les parents d’Adam sont morts, et leur représentation en version jeune annihile le mystère ou la tension qu’un tel artifice aurait pu engendrer. De plus, les dialogues directs avec ces figures fantomatiques donnent parfois l’impression d’une facilité d’écriture. Cela contraste avec la complexité émotionnelle des interactions entre Adam et Harry, où l’égoïsme latent du premier accentue l’intensité dramatique.


Sans jamais nous connaître est un récit d’une grande sensibilité, où l’intime côtoie l’universel, mais qui souffre d’une prévisibilité dans son traitement fantastique. Malgré cela, le film touche profondément et interroge sur l’amour, le deuil, et notre lien avec le passé, captivant par l’émotion sincère qu’il suscite.

lklgf
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes pepites_2024, Les meilleurs films de 2024, playlist_2024, un_film_par_année et Les meilleurs films contemplatifs

Créée

le 17 déc. 2024

Critique lue 11 fois

lklgf

Écrit par

Critique lue 11 fois

D'autres avis sur Sans jamais nous connaître

Sans jamais nous connaître

Sans jamais nous connaître

7

Sergent_Pepper

3176 critiques

Strangers in the write

Cinéaste assez rare et discret (son dernier et très réussi La Route Sauvage date de 2018), Andrew Haigh affectionne les portraits tourmentés et les individus marqués par l’épreuve du temps et des...

le 19 févr. 2024

Sans jamais nous connaître

Sans jamais nous connaître

9

Yoshii

252 critiques

Lettre d’un petit garçon à ses parents

Chère maman, Hier au cinéma, ou peut-être était-ce chez moi le jour d'avant, j'ai vu un film, enfin quelque chose qui ressemble à ça. J'ai beaucoup aimé. Ou peut-être pas du tout... Je ne sais plus...

le 9 févr. 2024

Sans jamais nous connaître

Sans jamais nous connaître

3

Archimede1105

59 critiques

Du vide et des synthés

Je n'ai absolument pas accroché. Disons que c'est un film sur le deuil où, sous couvert d'un petit vernis un peu fantastique, tout est traité de manière extrêmement frontale et simpliste, et il n'y a...

le 15 févr. 2024

Du même critique

An Irish Goodbye

An Irish Goodbye

8

lklgf

536 critiques

Un deuil à l’irlandaise

Avec An Irish Goodbye, les réalisateurs Tom Berkeley et Ross White livrent un court métrage drôle et touchant, porté par l’humour pince-sans-rire propre aux Anglo-Saxons.Loin des clichés, le film ne...

le 20 mars 2025

Guerre et Paix - Partie III : L'Année 1812

Guerre et Paix - Partie III : L'Année 1812

7

lklgf

536 critiques

Sous les obus, l’Histoire vacille

Sergueï Bondartchouk poursuit son ambitieuse adaptation de Guerre et Paix, et cette troisième partie plonge pleinement dans le chaos de la bataille, offrant des visions grandioses du conflit...

le 26 févr. 2025

Wallace et Gromit - La Palme de la Vengeance

Wallace et Gromit - La Palme de la Vengeance

6

lklgf

536 critiques

Critique de Wallace et Gromit - La Palme de la Vengeance par lklgf

Retrouver Wallace et Gromit dans La Palme de la Vengeance, réalisé par Nick Park et Merlin Crossingham, c’est renouer avec un univers iconique où la pâte à modeler et l’humour anglais font toujours...

le 11 janv. 2025