Depuis une petite dizaine d'années maintenant, nous avons vu débarquer toute une vague de polar "exotique" de haute qualité venus d'Iran, d'Égypte, de Chine et en ce qui concerne Santosh, d'Inde. Le début installe directement bien l'ambiance générale, à la fois abordant un sujet sociétal et policier, avec cette histoire d'une jeune veuve à laquelle la police propose le poste de son mari récemment décédé en service (visiblement pas besoin de formation ou de compétence pour faire partie des forces de l'ordre là-bas ?). L'héroïne est dès lors plongée dans un univers sordide, sur fond de grande misère, dressant le portrait de la société indienne terriblement injuste et inégalitaire (système des castes) ainsi que bien entendu de sexiste puisque la Condition de la Femme est encore de nos jours très très limitée. L'auteure ne fait pas dans le consensuel, sa vision est hyper critique et à raison entre la violence envers les femmes, la méfiance envers les autorités de la part des populations les plus vulnérables, le j'm'enfoutisme et la corruption (attention pas forcément cupide comme corruption) généralisés, il y a de quoi révolter le spectateur. D'ailleurs l'enquête, bien qu'intéressante et mystérieuse sans aller jusqu'à dire qu'elle est secondaire passe après le portrait sociétal (il y a de quoi réjouir les fans de polars tout de même). La mise en scène est plutôt classique, misant sur l'ambiance notamment dans les scènes nocturnes particulièrement glauque. Les interprètes sont tous au taquet, Shahana Goswami est excellente on croit à fond en elle, dans cette femme indienne moderne.