Dur dur d'être une jeune femme.
Particulièrement quand on est vierge, sensible, impressionnable et qu'on livre des pizzas pour la première fois de sa vie. Particulièrement quand on bosse pour un boss macho, flanquée de deux collègues pseudo-mâles en rut qui jouent la carte du bizutage, qu'on a survécu au cancer et qu'on s'apprête à effectuer une livraison chez les pires frappadingues de l'Univers.
Satanic Panic, dont tel est le synopsis , est un mélange étrange d'Alice au Pays des merveilles et du Petit Chaperon Rouge version très adulte, gore et relativement sexe.
Version choc, comédie horrifique.
Parfois très imaginatif - les malédictions et leurs effets proches de l'Emprise des Ténèbres ou de The Ring, les potions de l'une des sorcières comme la fiole d'angoisse, celle de crise financière ou de racines de conviction, de moisissure de tombe - parfois très décevant - le poncif des méchants riches farfelus type American Nightmare, Wedding Nightmare ou l'invocation malheureuse hors de propos des amours en sursis cancéreux type Nos étoiles contraires, Griffin & Phoenix en total contre-emploi et de très mauvais goût - Satanic Panic éclabousse l'écran de sang et de chaire rouge, en contraste avec le blanc et le bleu pâle de l'héroïne, qui connaît le plus glauque des passage à l'âge de femme adulte.
Quelques références nanar semblent reprises pour inscrire le diabolique opus dans la lignée des faux-nanars, comme le godemichet-perceuse géant et une bonne partie du film, le début surtout, est filmé à la façon soit d'un bon vieux film des nineties soit de façon pseudo-film amateur-cinéaste en herbe. Ce qui ajoute autant un certain charme qu'une impression gênante de film un chouya attardé.
Au service de ce non-conte totalement barré, à voir coupablement en soirée décomplexée voire beuverie, pour sa seule folle fantaisie, Ruby Mondine, la tueuse et non-tueuse de la saga Happy Birthdead, définitivement à son aise dans le genre de la comédie horrifique. À son côté, dans le rôle de sa mère, dans le rôle de la grande méchante sorcière du métrage, la toujours aussi belle et séduisante Rebecca Romijn-Stamos, ex Mystique de la trilogie mère des X-Men au cinéma, que le temps n'a su gâter et qui livre une belle performance, très riche et très subtile dans un tel film. Et au centre, la mignonne Hayley Griffith, pas encore très célèbre mais qui mériterait de l'être, qui relève la sauce de sa prestation touchante et tout en empathie.
Un soupçon de belles idées, une grappe de beaux talents mais une sacrée couche d'hémoglobine, d'intestins grêles entre lèvres et des fessiers gratuits.
Intéressant, drôle mais peu transcendant.