Un film très surprenant qui commence comme une sorte de road movie déjanté, au fin fond d’une campagne hongroise, dans une station-service désaffectée, et puis qui va monter en puissance au fur à mesure, pour ressembler dans la dernière demie- heure à une sorte de tragédie Grecque.
L’idée de départ est saugrenue, avec ce Van et son chauffeur, un serbe sauvage et rustre , qui conduit quatre prostituées vers un bordel suisse, par la route, pour y travailler une saison, .
Cette station est tenue par un vieil homme, à moitié alcoolique, rejoint bientôt par une sorte de Pierrot lunaire , plus jeune, passif qui se cherche une identité. La rencontre entre les mafieux serbes et ce Pierrot hirsute deviendra vite explosive, avec les prostituées qui expliquent chacune leur destinée atypique.
Plusieurs histoires s’entremêlent alors, des allégories sur le monde, sur la destinée, une forme d’allégorie biblique aussi , sur les pêchés : l’envie , la jalousie, l’orgueil, la rédemption. Une citation de la bible, avec le passage de la samaritaine et du puit d’eau nous éclairera, quand le chef mafia hongrois les rejoindra, .
Car une romance se nouera entre le Pierrot lunaire et une des prostituées, un peu surréaliste, avec l’usage d’une robe de mariée familiale, ou le trafic d’ortolans qui déclencheront le conflit final ultra-violent . Quelques scènes de violence très gore, mais aussi beaucoup d’humour très caustique, on sourit souvent.
Une belle surprise, une sorte de pépite atypique naviguant entre différents styles.