Ce film est un exercice de style : faire un faux documentaire, un documenteur, sur les prémices d'une apocalypse zombie. Une nuit, une ville d'immigrés illégaux mexicain est entièrement vidée de sa population. Un seul survivant, couvert de sang, reste muet. Pour la communauté blanche de l'Arizona la cause est entendue : ce mexicain a massacré toute sa communauté, voire en aurait même dévoré certains. Le soucis est qu'il est photographe amateur et a pris une pellicule entière des événements de cette nuit. 36 clichés qui racontent une autre histoire.
A partir de là, le film narre plus l'histoire d'une certaine Amérique, droite dans ses bottes, ses convictions religieuses, et l'élément fantastique n'est qu'une excuse. Vous n'aurez pas des scènes de carnage à la Fulci. Pas de montée d'angoisse comme dans les Romero. Les photos sont flous, mais suffisamment explicites pour que nous, férus d'horreurs, nous comprenions qu'une petite armée de zombies est passée par cette petite ville frontalière et n'a rien laissé. Le but est d'attaquer frontalement cette Amérique, qui vient de mettre Trump au pouvoir, et qui refuse les évidences (les marques de morsure, le parcours de pauvre homme, ses photos) pour condamner ce qu'il considère être un ogre venu menacer leur nation, l'immigrant latino.
L'exercice est facile, ce qui m'empêche de mettre une plus haute note, mais il est louable, parce c'est la réalité, et qu'il est bien fait, en moins de 90 minutes.
Les dernières minutes nous font comprendre que cette Amérique va avoir un réveil difficile, que cette armée remonte toujours plus au nord, toujours plus fournie. Alors que le Mexique qui a compris se prépare ...