Vu que ça me taraude, je vais écrire mon raisonnement ici a propos de la fin éclatée, pour me le clarifier à moi-mème déjà (edit: les différentes étapes d'analyses par lesquelles je suis passé.)
Film "sacrifié" vu en 3 fois sur plus de 6 mois, la deuxième fois j'avais en plus coupé juste avant les 15-20 dernières minutes donc zéro indices qu'il allait pas rester à Schirkoa. Ca n'a rien d'un film mémorable pour mriter un pavé d'analyse dde cette taille, mais le visionnage était déja cursed et en 2026 quand je l'ai enfin fini et repris depuis environ 20% restant, c'est parti en eau de boudin d'un coup et ça m'a occupé le cerveau toute la matinée pour comprendre comment j'ai été scammé sur l'intention du réal et le message (nul) transmis (mal):
La morale de fin confuse que j'avais interprété de moi mème c'était une forme un peu nulle de "rébellion contre Dieu" > si Dieu à lâché l'affaire, lez go me faire réprimer comme il le dit pour vivre l'espoir du changement là ou c'est pas acquis, une sorte de pied de nez, déja fort décevant, qui part du principe que l'expérience libre était quand mème la bonne. Il est juste parti pour retrouver quelqu'un, elle veut pas revenir, bon, y'a la quête spirituelle, du coup il va trouver Dieu à Shirkoa etc... C'est déjà décevant comme ça et pas très clair mais bon... jusqu'aux 80% du film vus en 2025, avant qu'il parte de Schirkoa, mon avis c'était que le message anar-queer était porté avec des gros sabots mais c'était mimi et sincère, une libération de l'oppression caricaturale dans un bon sens qu'on fait plus trop, avec un kitsch volontaire ou non mais mignon en tous les cas.
Alors en fait, dans Schirkoa il est devenu le "leader-anarchiste" en second, parce que? J'avais trouvé ça un peu bizarre, y'avait rien qui justifiait qu'il soit pas un random dans la foule, bon, scénarium etc... puis "elle" devient la déesse, soit. Première peur quand des "fidèles" se prennent une "balle de grâce divine", regardez les vilains camés dégénérés etc.... ah non ça va, juste une métaphore psychédélique, et sans jugements > years later dans le film "ah mais en fait c'était une métaphore transfem j'avais pas encore compris, slay queen slay!". 2 minutes plus tard: ah non, juste travesti pour la fète, ok... puis il se barre ok, la ville spirituelle on la voit deux minutes, l'ancienne anomalie elle est bien la, ça n'a aucun sens mais bref.
Eh ben en fait attention grocervo d'artiste: Il est devenu la déesse parce qu'en fait si c'est carrélement une secte! De camés dégens! Il semblait pas y être malheureux, les gens meurent pas sur scènes pour de vrai, ils se tirent pas dessus mais en fait c'est une secte de hippies queers c'est la dark side de la liberté donc vite vite le film va déja se finir et le message en fait c'est "agrougrou le totalitarisme!" et pas "slay slay", alors on va retrouver l'ancien plus ou moins love-interest qui est pas morte, le gouvernement lui à lirréralement coupé les ailes et exilée de force mais elle à trouvé sa place, c'est le renoncement spirituel tu comprends, le monde du milieu, c'est pas du tout du PTSD et de l'impuissance-de-voler-vers-la-liberté littéralement acquise, mais dieu en fait il est pas la, mème le monde libéral-rationnel-spirituel tout guez il en est démissionnaire en fait il a lu Popper en vrai, sah le paradoxe de la tolérance non mais si j'te jure c'est deep man, écoute: si t'es opprimé mais t'as l'espoir de la liberté par le rébellion, tu es plus libre que celui qui est enchainé dans les chaines de sa propre liberté, il a pas un peu raison la team? J'ai lu ça sur facebook ça m'a bouleversé, et j'ai lu Campbell aussi, du coup le dude il retourne faire une référence à la première scène parce qu'au fond il préfère ça lui aussi, c'est la triste réalité de la condition humaine Itachi, mais il enlève son masque parce qu'il y a toujours un espoir. Raaah, ta gueule c'est poétique!
En gros tous les coches sont loupés: le film est un voyage spirituel fake-deep pour servir une morale de "dieu est une création humaine". C'est raté à la fois sur l'angle poète philosophe existentialiste ET sur l'angle athée rationnel "Dieu est une construction humaine". Je trouve mème qu'il y a une confusion interne entre un message qui est à la fois "Dieu n'existe pas" et "Dieu à raison".
Si j'interprète bien le message c'est du Dark Sasuke nihiliste adulescent et pas ouvertement réac, le "héros" n'en est pas un et c'est pas le self-insert du créateur au premier degré. Le dépassement dialectique de la contradiction précédente, de son point de vue c'est peut-être justement "Dieu n'existe pas et il a tristement raison, sombrémonpassé", mais ça je le suppose de son interview. Et le pire c'est que pour en arriver à un message au mieux fake-deep doomer, je pense, au pire purement libéral-fasciste, il doit speedrun un voyage du héros éclaté au sol sur les 15 ou 20 dernières minutes, parce qu'avant c'était bien développé, et le message qui se dessinait, à défaut d'être subtil il était cool et mimi. Bien sur je lèvais les yeux avec le sourire à propos du coté pipou anar mais ça allait loin justement dans le coté célébration des freaks, "ça me touche" (TM-Medoliie). Enfin c'était parti pour... ben à la place on transforme tout ça en aventures exotiques pour restaurer la situation initiale.
J'ai vu la vidéo de Léo hier "des films spéciaux pour les blancs" sur la comparaison entre Wish Dragon et Aladdin VS les films d'anims chinois pour le marché chinois, qui parle notamment de comment le voyage du héros est un narratif néolibéral et colonial central de l'impérialisme culturel etats-unien, c'est impossible pour moi de pas faire ces liens aujourd'hui précisément. Dans un film d'animation grand public au propos de toute façon dépolitisé sauce-dem bon enfant c'est rien, c'est de la propagande diffuse, mais quand c'est ouvertement politique, expérimental et contre-culturel, ben politiquement ça légitimise les choix de Dieu et du héros et façon claire et précise, le bien fondé de l'autoritarisme. Le voyage du héros grossier et ridicule, ici, ça transforme le bon soupçon d'un angle juste inutilement nihiliste et décevant en "réactionnaire de fait", il a choisi de dire consiemment lézextrem avec tout un film qui vise à les mettre dos à dos, c'est pas "juste mou".
La t'as un artiste, indien, dans un process créatif complètement expérimental perdu dans un monastère à motion-capture, avec une équipe qui visiblement passe son temps en mode discussion philo existentialo-mystique artiste-torturé sur les dialogues, sur les symboliques, et avec un propos politique explicite, sur-explicite mème. Y'a une double-peine auto-infligée par cette fin qui annule 80% du film et du process créatif que je peux imaginer, purement et non-dialectiquement libertaire, qui mérite un 8 ou 9 sur 10 avec juste une petite voie qui ronchonne en marxiste-pas-drôle. Vaut mieux être manichéen avec le cœur qu'essayer de faire de la dialectique toute naze du juste milieu qui s'annule au lieu de se dépasser. (Pendant que je relis cette critique et la rend un chouilla plus digeste, quelques mois plus tard, et ben hier c'est Bolchegeek qui sortait son analyse de Civil War de Garland sur ce thème, et c'est un peu le mème cas, on peut au moins lui reconnaitre le fait de dire "je suis centriste consciemment, c'est une position politique concrète qui se défend, ça n'a rien d'apolitique". La y'a pas mal de ça dans le propos du film et son interview, mais c'est la comparaison au process créatif et au schlagisme indé déter et innovateur qui rend ça d'autant plus absurde, soyez des bébous anars inconséquents, forceurs, cringes et insupportables, par pitié!)
Tant pis, moi j'ai lu Barthes, j'en retiendrais une ode aux freaks bien queeros, et la fin n'étant qu'un banal auto-gaslighting de parcours transfem, slay-slay Miss197A, bio bluesky she/it bagpunk god/acc.