Scream est un bon gros film de psychopathe, difficilement appréciable aujourd’hui en raison des nombreuses références parodiées qui a été engendré par ce phénomène et qui parasite notre visionnage. Impossible de ne pas éclater de rire lorsque Tatum (la rousse) tourne en ridicule le criminel qui s’apprête à l’assassiner, ou encore devant les interventions de l’adjoint du Sheriff (connu pour se masturber avec son aspirateur dans la franchise des Scary Movie).


Culte, à plus d'un égard, et notamment pour son absurdité, Scream s’avère toutefois encore « visionnable » depuis notre époque (en ce qui me concerne, ce fut comme un petit plaisir inavouable), grâce à son contexte terriblement efficace et bien connue, du « qui mourra, qui ne mourra pas », et surtout d’un sentiment d’horreur inspiré par la description d’une jeunesse américaine, bercée à la violence, qui pète littéralement les plombs et trucide des camarades de lycée pour vivre la grande émotion. C’est donc le speech du film. Une idée qui se repose sur un constat bancal et facile, et contribuera à l’idée reçue que la violence à la télé engendre la violence dans la réalité. Je ne suis pas expert en la question, mais je me souviens que lors de la sortie de ce film, le débat avait atteint son paroxysme dans les médias. C’est aussi en cela que le film est intéressant. Il brise d’une certaine manière le quatrième mur, en mettant en scène des jeunes devenues des meurtriers après avoir vu trop de films d’horreur, ce qui nous amène à nous interroger nous-mêmes sur les jeunes que l'on connaît et qui visionnent une plâtrée de films d’épouvante. Une boucle inspirante qui s’apparente au contexte de The Ring, mettant en scène un fantôme sorti tout droit d’une VHS, et qui nous faisait nous demander si notre VHS n’ira pas nous jouer le même tour.


Dis donc, je suis inspiré, je ne m’étais encore jamais lancé dans de telles analyses.


Bon après, d'un point de vue technique, il ne faut pas tortiller, le film n’est pas non plus un chef d’œuvre. Il est téléphoné à souhait, terriblement prévisible. L’histoire met en scène des adolescents souvent idiots, qui ne s’affirment jamais dans un grand panel de personnalités. Le scénario est éclaté. Le film n’est pas vraiment effrayant dans les séquences de meurtres, si ce n’est psychologiquement (comme expliqué là-haut). Les répliques font souvent usage de punchlines terriblement usés. Certains personnages, comme Stuart, inscrivent la production dans une époque révolue. Et encore, je ne vais même pas m'attarder sur la diversité consternante du casting (il n'y a que des blancs dans ce film, c'est dingue), qui tranche avec notre époque de wookiste, et qui nous amène à penser qu'un juste milieu, plus représentatif de notre société, aurait été appréciable par tout le monde (de censé).


En ce qui me concerne, je ne suis pas du tout friand du genre horrifique (excepté lorsque c’est bien réalisé, comme le film L’Exorciste qui est mon exception qui confirme la règle). Scream s’inscrit comme un archétype de ce que le genre s’apprête à produire comme navets de la fin des années 90 à 2000 (souviens-toi l’été dernier, et autres conneries similaires). Au-delà de mon avis personnel, le film s’avère être un classique du genre, et mérite amplement sa place dans la liste des chefs d’œuvres du cinéma, ne serait-ce que pour son impact culturel.


Créée

le 27 févr. 2023

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Casse-Bonbon

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