Je suis sidéré par la nullité de ce film, quoique, pour nuancer, pas tant de son existence que tout ce que Kevin Williamson n’arrive pas à faire, laissant s’effondrer petit à petit le projet comme un château de cartes ; ce qui devient plus divertissant que le produit fini.
Je ne sais pas comment c’est possible d’avoir autant d’idées plus ou moins cool dans l’exploitation des décors et même de l’horreur, et de systématiquement rater l’incursion de cette dernière, en jouant avec un sound design grossier, voire gaguesque, une musique sur-appuyée et des jumpscares d’enfant de 6 ans, qui sont la seule source de tracas dont on a affaire en tant que spectateur. Même niveau violence, on est au niveau du précédent volet, loin de la viscéralité du 5, c’est du gore numérique, parfois un peu rigolo mais sans la moindre saveur ou intensité. Et pire que tout, il y a l’héritage Scream, le besoin de toujours parler de l’évolution du cinéma d’horreur, de l’ancrer dans un cadre contemporain, et je crois que même une parodie aurait fait moins grossier. Il n’y a rien qui va, tout semble jeté à la figure des personnages sans développement, juste posé là, comme si ça devait faire illusion. Sauf qu’en ne traitant pas certains points sensibles, on arrive non seulement à, ô surprise, ne rien en dire et plus particulièrement bénéficier d’un niveau de pertinence proche du zéro, quand on ne raconte pas n’importe quoi. Je vous laisserai vous délecter du récit (oui y’a le cliché du méchant qui monologue) du/des (no spoil XDDDDDDDDDDDDDD) tueur(s), je vous jure que j’ai rarement vu une œuvre autant à côté de la plaque sur un sujet pareil.
Mais pour en revenir au reste, c’est mou, inintéressant, pas filmé, les dialogues sont indignes d’un court-métrage étudiant, les relations entre personnages risibles au possible, le sentimentalisme mielleux, les invraisemblances hilarantes, heureusement que Neve Campbell a du charisme car sinon c’est le vide intersidéral. Malgré une envie de toujours renouveler la franchise, les hauts-placés sur ce projet ne font rien de leur potentiel, passant d’une intro auto-fellation à la Arthur Malédiction aux jeux de chat et la souris tous plus insipides les uns que les autres. Là où ce Scream 7 enterre néanmoins totalement la licence, selon moi, c’est qu’avec ce film, les artistes derrière sont parvenus à incarner tous les clichés d’horreur que Wes Craven critiquait et détournait il y a 30 ans. Donc rien que pour ça, je vais arrêter de tirer sur l’ambulance, je n’aurai pas été surpris d’apprendre qu’il s’agissait en réalité de Scary Movie 6.