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On peut aimer ou pas le cinéma de Dupontel, mais on ne peut lui nier une certaine générosité dans sa manière de dénoncer l’hypocrisie de ses semblables. Il y plane, à côté d’un pessimisme acerbe, une naïveté réconfortante, une tendresse authentique.
Même en incarnant un politique, dans un jeu de dupes et de masques, le réalisateur parvient à humaniser sa démarche en nous racontant, à sa manière heurtée, le combat de David contre Goliath. En passant, la trouvaille qui consiste à filer la métaphore footballistique (excellent Nicolas Marié) pour en décrypter les mystères est une bonne surprise. La charge contre le monde politique n'atteint certes pas les hauteurs de "L'exercice de l'Etat" avec Olivier Gourmet mais reste plaisante en ce moment de chaos ( j'écris cette critique juste après la dissolution de juillet 2024).
Bien sûr, l’écriture n’est pas dénuée d’incohérences. Cécile de France en journaliste débitant des grossièretés puis enquêtrice hors pair, j’avoue ne pas y croire vraiment. Les aveux finaux de la mère me semblent tout aussi artificiels. De même que le fameux débat, moment pourtant incontournable d’une campagne. La tirade sur les abeilles, juste incluse pour signifier un passage de relais, frise le ridicule dans la manière où elle est amenée et traitée.
En fin de compte, si l’on adhère à la vision de Dupontel, l’absence de crédibilité de certains passages ou personnages n’a aucune importance. Il se dégage de ses œuvres une énergie communicative. Le monde est pourri, certes, abîmé, maltraité, mais il reste de bonnes âmes convaincues de pouvoir l’améliorer.
Créée
le 16 sept. 2024
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