Section Spéciale est un film moins pénible à regarder qu'avait pu l'être un film comme l'Aveu. Il est moins long, peut être plus percutant, beaucoup plus drôle.
Car on est face ici à une mise en scène burlesque d'une part sombre de l'histoire française, Costa Gavras ne manquant pas une occasion de rendre ridicule les collaborateurs de nazisme, qu'avec l'engagement qu'on lui connait, il critique ouvertement. Le traitement est théâtral, proche de la bouffonnerie, ce que les trois coups de bâtons à l'ouverture rendent explicite. Certes on peut reprocher cette surcharge de burlesque, mais on peut aussi rire franchement devant, d'autant plus que le film alterne entre ces moments ironiques et de longues scènes de procès, au rythme habilement géré et où se mêlent, dans des rôles moins important les uns que les autres (on est là face à un récit multiple sans aucun personnages principal), la crème de la crème des acteurs français : Lonsdale, Bouise, Cremer, Galabru... et même Yves Montand dans une très furtive apparition. De plus Costa-Gavras parvient à donner à chacun de ses personnages, pourtant si brefs dans le film, une vraie vie, profondeur, à l'aide de flash-backs émouvants.
Section Speciale c'est donc un grand film politique, malin, moderne, caustique, qui fera date.