Ces paroles d'Ayrton Senna peuvent expliquer la sérénité et la confiance que dégageait le pilote dans ses courses. Le documentaire, intéressant même pour les non-initiés, retrace fidèlement les principales lignes de sa fulgurante carrière et bien sûr en contrepoint celle d'Alain Prost, avec lequel il a entretenu une longue rivalité souvent tendue.
Tout commença en juin 1984, baptisé sous un déluge un dimanche à Monaco, un jeune et fougueux pilote sorti de nulle part reprend 20 secondes d'avance sur un certain Alain Prost, surnommé le Professeur pour sa science de la course. Pendant dix ans Senna a survolé la F1; hélas, légende du meilleur pilote de l'histoire s'est brutalement arrêtée à Imola, en filant droit dans un mur, par un jour sacré pour les prolétaires du monde entier, ce qui prouve bien qu'il était béni des dieux.
Il est intéressant de voir le regard neutre d'un spécialiste du biopic, Asif Kapadia, connu aussi pour ses documentaires sur Amy Winehouse ou Maradonna alors qu'en France, le chauvinisme sportif mettait systématiquement en avant notre Alain Prost national. Car Prost n'a pas toujours eu le beau rôle et on apprend ce qui avait été pudiquement caché par les journalistes sportifs. On revoit ainsi comment Jean-Marie Balestre, le président français de la Fédération Internationale, a délibérément favorisé Prost à au moins deux reprises en disqualifiant Senna sans raison valable ou en le privant de pole position. Avec le recul, ces mesquineries ne font que renforcer la légende de Senna, à jamais le meilleur pilote de l'histoire.
Je mets 8 à contrecœur, ma note reflète uniquement le genre documentaire, car je suis bien conscient que l'on ne peut noter Ayrton Senna que 9 ou 10.