J'ai 20 ans.
Je fais partie de cette génération qui n'a pas connu Senna, mais qui a quand même connu les dimanches matins F1-Telefoot. Cette génération à qui on a parlé de Senna, pour qui Senna était un personnage d'un autre temps, comme Piquet, Mansell, Lauda et tous ces pilotes presque "en noir et blanc".
Je ne connaissais quasiment rien de Senna, si ce n'est que c'était un des plus grands de tous les temps et qu'il s'était tué en course. Je ne connaissais pas l'homme.
Ce film m'a fait comprendre tout. Pourquoi Senna était adulé, pourquoi ce mythe, pourquoi les yeux de mon père qui pétillait à l'évocation de son nom. Il renvoie à une époque où la F1 était encore mythique, où tout n'était pas encore aseptisé comme maintenant. Les victoires de Senna, ces rémontées fabuleuses, la victoire à Interlagos qu'on croirait tout droit sortie d'un jeu vidéo. Tout ça m'a fait regretter d'être né un peu trop tard. Suffisamment tôt pour que la voix de Pierre Van Vliet, l'affichage de la FIA de 1994, les noms comme Alesi, Schumacher, Barrichello me rappellent mes souvenirs de jeunesse, mais trop tard pour avoir connu le mythe Senna. Et surtout trop tard pour avoir vu ce qu'était l'homme : Senna l'ambitieux, Senna le généreux, Senna le fou qui n'a reculé devant rien, jusqu'au bout.
A travers ces images d'archives, j'ai eu l'impression d'y être. Tout est parfait. Plus qu'un simple biopic, Senna est un documentaire parfaitement mis en scène. Et moi, j'ai chialé.
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