L’originalité principale du film réside dans l’incarnation de ses quatre méchants. À l’image d’un film à sketches, l’ensemble est décomposé en quatre séquences correspondant, chacune, au duel avec un des quatre hommes responsables de la mort du frère du personnage principal. Incarné par Robin Clarke, ce dernier fait globalement le job grâce à sa gueule taillée pour ce type de rôles (les fameux blondinets du western spaghetti). Face à lui, quatre têtes d’affiche dans des rôles plus baroques les uns que les autres. Richard Conte joue ainsi les anciens tueurs de l’Ouest au fin fond du désert, Enrico Maria Salerno un joueur de poker acide, Adolfo Celi un prêtre qui fait parler la colère de dieu, et Tomas Milian, un psychopathe albinos bien ravagé. L’idée est originale, mais l’exécution se limite à un simple exercice de style.
On pense donc au film à sketches et au polar à la sauce western. Mais l’idée tourne hélas en rond. Le réalisateur laisse ses acteurs cabotiner à fond les ballons pour des face à face, avouons-le, particulièrement curieux. Combien de fois le personnage principal devrait-il mourir dans le film ? Allez, au moins six ou sept fois pour ne pas exagérer. Mais ses adversaires, qui le sous-estiment, le laissent filer, ne l’achèvent pas, lui laissent le temps de se refaire la cerise et tout le tralala pour finir par se faire flinguer. Il faut bien que les rebondissements nourrissent un récit mais c’est souvent trop, la palme revenant au segment concernant Adolfo Celi dont l’issue est absolument lunaire. Cette répétition de comportement idiot finit par lasser.
Si on excepte la dimension parfois fantastique de certaines séquences, l’ensemble a beaucoup de mal à tenir la distance. Chaque histoire tire franchement à la ligne et on regrette que les acteurs soient si mal utilisés. Le résultat n’est pas mauvais comme peuvent l’être beaucoup de films du genre, notamment dans sa dernière époque, mais le traitement n’est pas à la hauteur de l’originalité de son idée. Dommage.