Énorme succès à l’époque à sa sortie en Italie, notamment grâce à l'attrait d'Adriano Celentano, chanteur très connu dans son pays, Serafino a aussi amusé le public par sa légèreté et sa simplicité, aidé par ailleurs par un rythme rapide et un scénario plein de bons sentiments et de messages d’espoir.
Ce conte de fées champêtre animé de sentiments antimodernes - éloge bucolique parfois un peu naïf – nous dépeint un microcosme bien défini, évoluant entre clôtures, vallées, montagnes et cabanes délabrées, dominé par la spontanéité et la convivialité contrastant avec la malice sournoise de ceux qui sont plus proches de la culture. À travers une radiographie des contradictions inhérentes à la course nationale au bien-être, on y voit ainsi une Italie éloignée et marginale, diamétralement opposée à l'enthousiasme individualiste et matérialiste du boom économique, foncièrement libre, anarchiste, solidaire et impulsive.
Pietro Germi sacrifie son ironie et sa peinture grinçante et grotesque au profit d’une comédie gaie et populaire portée par un acteur-chanteur à la vitalité hors norme. À l'exception de quelques idées réussies (la visite militaire, le mariage, le procès), il y manque sans aucun doute cette pincée de malice supplémentaire qui a fait le sel de ses meilleures comédies.