Les enjeux du film sont rapidement mis en évidence, dès la toute première scène en fait. Un homme vient de se faire tirer en plein visage, on comprend vite qu’il s’agit d’un policier. La question se pose alors du quid de l’intrigue rapidement balancée par Lumet comme une sorte de fatalisme. Dès lors le film n’aura de cesses de compter le temps de ce personnage de flic incorruptible interprété par un tout jeune, mais déjà charismatique Al Pacino.
On retrouve le Sidney Lumet qui pense et s’interroge sur la société américaine dans un de ses sujets qu’il affectionnait, le rôle de la justice. Ici c’est surtout d’injustice qu’il traite, avec ce portrait de policier en sursis qui n’a comme unique tort de ne pas accepter et de finir par dénoncer la corruption qui gangrène sa profession. Un homme sur qui la menace pèse pendant toute la durée du film.
Malgré le côté plaidoyer, le film de tombe jamais dans la caricature et le manichéisme. On retrouve un réalisateur plutôt à l’aise quand il s’agit de filmer les rues de New York. Cependant, l’interprétation des seconds rôles, qui ne sont volontairement pas des têtes d’affiche, reste assez aléatoire et le scénario tangue parfois par manque de consistance narrative.
C’est surtout dans les scènes mettant en avant l’intimité du personnage principal que le film trouve son carburant. Au-delà d’un plaidoyer qui aurait pu aisément tomber dans l’extravagance, le réalisateur propose un portrait désabusé d’un homme face à la meute qui malgré son côté didactique n’est pas dénué des quelques imperfections d’un scénario parfois bancal.