Jamais manichéen mais moyennement écrit

Les enjeux du film sont rapidement mis en évidence, dès la toute première scène en fait. Un homme vient de se faire tirer en plein visage, on comprend vite qu’il s’agit d’un policier. La question se pose alors du quid de l’intrigue rapidement balancée par Lumet comme une sorte de fatalisme. Dès lors le film n’aura de cesses de compter le temps de ce personnage de flic incorruptible interprété par un tout jeune, mais déjà charismatique Al Pacino.


On retrouve le Sidney Lumet qui pense et s’interroge sur la société américaine dans un de ses sujets qu’il affectionnait, le rôle de la justice. Ici c’est surtout d’injustice qu’il traite, avec ce portrait de policier en sursis qui n’a comme unique tort de ne pas accepter et de finir par dénoncer la corruption qui gangrène sa profession. Un homme sur qui la menace pèse pendant toute la durée du film.


Malgré le côté plaidoyer, le film de tombe jamais dans la caricature et le manichéisme. On retrouve un réalisateur plutôt à l’aise quand il s’agit de filmer les rues de New York. Cependant, l’interprétation des seconds rôles, qui ne sont volontairement pas des têtes d’affiche, reste assez aléatoire et le scénario tangue parfois par manque de consistance narrative.


C’est surtout dans les scènes mettant en avant l’intimité du personnage principal que le film trouve son carburant. Au-delà d’un plaidoyer qui aurait pu aisément tomber dans l’extravagance, le réalisateur propose un portrait désabusé d’un homme face à la meute qui malgré son côté didactique n’est pas dénué des quelques imperfections d’un scénario parfois bancal.

Créée

le 4 sept. 2018

Critique lue 309 fois

Critique lue 309 fois

5

D'autres avis sur Serpico

Serpico

Serpico

8

Gothic

324 critiques

Le journal de l’âne Frank

Serpico est un des seuls Lumet que j'aie eu l'occasion de voir dans ma vie. Je sais, j'ai honte. Mais je me soigne ! Le trouver à petit prix dans un bac DVD tout récemment m'aura donc permis de le...

le 4 oct. 2013

Serpico

Serpico

8

Strangelove

144 critiques

"I just wanna go some place where I can do my job !"

Serpico est le 5e film de mon marathon Lumet. Sorti en 1974, un peu avant Un Après-Midi de Chien, le film appuie là où ça fait mal, et comporte de nombreux thèmes chers à Lumet, comme la corruption,...

le 31 août 2013

Serpico

Serpico

8

Velvetman

514 critiques

La mafia en uniforme

Bien après l’analyse du système judiciaire (12 Hommes en colère) et juste avant sa critique viscérale du monde médiatique (Network : main basse sur la télévision), Sidney Lumet met en lumière la...

le 21 janv. 2021

Du même critique

La Chienne

La Chienne

8

philippequevillart

555 critiques

L'ange et la mort

Dans La Chienne, second film parlant de Jean Renoir, c’est surtout quand les voix se taisent et que l’image reprend naturellement ses droits que le lyrisme dramatique s’impose pour offrir de grands...

le 31 janv. 2023

Million Dollar Baby

Million Dollar Baby

5

philippequevillart

555 critiques

Un Eastwood en mode lacrymal pas franchement follichon

Il y a des films dont la seconde vision peut totalement remettre en cause la vision première que l'on s'en était faite. The Million Dollar Baby en fait partie. Et j'avoue avoir été extrêmement déçu...

le 12 juil. 2022

L'assassin habite au 21

L'assassin habite au 21

8

philippequevillart

555 critiques

Meurtre oblige

Première incursion de Clouzot dans un genre auquel il donna ses plus belles lettres de noblesse, en l’occurrence le thriller à la Hitchcock. Pour se faire il adopte un style emprunt à la Screwball...

le 21 avr. 2020