Si vous aimez la politique et que le traitement médiatique d’une campagne électorale vous intéresse, vous pouvez regarder service public. Vous n’y trouverez pas de la critique Médias mais c’est à vous de faire le travail, faire confiance à votre intelligence. Personne ne vous dira quoi penser… mais nous un peu quand même ici :-)
À l’instar du documentaire Première campagne, ce documentaire, forme d’autoportrait (cosigné par Salhia Brakhlia elle-même, à la fois protagoniste et co-réalisatrice) va vous montrer comment se regardent eux-mêmes, les journalistes de la grande matinale de France Info. Service Public porte très mal son nom. Ce documentaire devrait s’appeler « politique spectacle ».
On n’y voit tout le long d’un défilé de personnalité politique en campagne, souvent dépités, face a la vacuité de journalistes dont la conduite des entretiens se limite à leur propre « ressenti » empreint de morale bon marché. Seul Jean-Luc Mélenchon arrive à refuser de venir et de leur faire traverser la planète pour venir l’interviewer à la Réunion.
On sent cependant qu’il y a du débat dans la rédaction mais on comprend vite que la course aux invités reprend systématiquement le dessus. et les petites polémique qui, avec le recul seront totalement oubliées mais qui contribue au malaise et au sentiment de rejet politique. « Faut il inviter Eric Zemmour alors qu’il n’est même pas candidat ? » Ne faudrait il pas se contenter de demander aux candidats « alors ? Ça va ? » s’interroge Marc Fauvel, très content de sa trouvaille qui ne fait rire que lui. Misère du journalisme, loin du reportage et de l’enquête au long cours. Service public ? Facile après ça pour Marine Le Pen de dire à ces journalistes, qui passent facilement du public au privé, qu’une fois au pouvoir, elle privatisera ! Et comme souvent, on voit déjà qui se rangera du côté du manche… il suffit de regarder les attitudes physiques quand ils reçoivent le président Macron… Il manque que les révérences.
Une question se pose finalement : sommes-nous encore en capacité de porter un regard critique sur un film qui n’adopte pas ce point de vue, critique dont nous avons tant besoin pour survivre mentalement dans ce monde ? Au mutins nous en faisons le pari.