« En 1959, John Cassavetes dynamite les codes du cinéma traditionnel avec Shadows, une œuvre à petit budget, en grande partie improvisée, tournée en décors naturels avec des comédiens inconnus. C'est un véritable vent de liberté qui souffle ainsi sur le cinéma américain » Bien que l'envolée lyrique inscrit sur la pochette DVD ne soit pas totalement fausse, elle est néanmoins principalement erronée.
Le réalisateur veut bouleverser dans son film le cinéma classique. Il tente alors de créer une œuvre basée autant sur l'improvisation que sur un travail d'écriture. Le résultat donne un film brouillon, partagé entre deux éléments mal accommodés, l'œuvre se noie alors dans une expérimentation maladroite.
La mise en scène tend souvent à une impression d'incertitude désagréable, une incertitude involontaire du réalisateur sur l'illogisme de son projet de réalisation.
L'histoire éclatée et les acteurs à fleur de peau n'inspire guère que de la compassion dans cette improvisation aussi simple que bancal.
La musique de Charlie Mingus relève cependant le niveau, sa prestation limpide grâce à sa bonne maîtrise du Jazz est pour le coup, le seul « vent de liberté qui souffle » de manière appréciable jusqu'au spectateur.
Shadows, maladroit et désagréable passe donc à mon sens à coté de son objectif. La liberté qu'il prône, se trouve par conséquent tiraillée entre son envie d'improvisation et ses obligations de planification. Résultat, une œuvre décevante et agaçante qui n'a que pour intérêt l'analyse d'une ambition ratée.
Fennec91
2
Écrit par

Créée

le 3 mars 2011

Critique lue 872 fois

Fennec91

Écrit par

Critique lue 872 fois

6
2

D'autres avis sur Shadows

Shadows

Shadows

6

Sergent_Pepper

le 12 mai 2015

Suivre

Impro c’est tout.

Au cours d’une des dernières séquences qui achève de faire de nos personnages des perdants au vu de la dérouillée qu’ils se prennent dans un local à poubelle, l’un des combattants met un poing...

Shadows

Shadows

9

takeshi29

le 31 mai 2012

Suivre

"Un drame, c'est plus beau quand ça swingue."

"Un drame, c'est plus beau quand ça swingue." C'est un peu ce que semble nous dire Cassavetes tout en demandant à Shafi Hadi et Charles Mingus de jouer toujours plus fort. Dès son premier film,...

Shadows

Shadows

7

lucasstagnette

le 4 août 2011

Suivre

She's dealing with the raccoons, man.

C'est toujours difficile de juger un premier film : moins d'expérience, plus de fraîcheur, moins de maîtrise, plus d'originalité. On devrait les considérer en étant moins exigeants sur la forme, et...

Du même critique

Blow-Up

Blow-Up

3

Fennec91

le 22 déc. 2010

Suivre

Une explosion d'ennui !

Devenu un cinéaste international avec Blow-Up, Antonioni expose dans son film un jeune photographe exaspérant au possible et à la recherche d'une vérité illusoire. Pendant 111 minutes d'ennuis,...

La Maison du docteur Edwardes

La Maison du docteur Edwardes

8

Fennec91

le 26 févr. 2011

Suivre

« la faute n'est pas dans les étoiles mais en nous »

Il est bien entendu impensable d'envisager perdurer des critiques sur ce site sans faire une halte au monument Hitchcock. Bien que je ne sois pas son plus grand fan je ne peux que m'incliner face à...

Qu'elle était verte ma vallée

Qu'elle était verte ma vallée

6

Fennec91

le 26 févr. 2011

Suivre

Une nostalgie un peu trop manichéenne

« Une nostalgie un peu trop manichéenne » Imprégné d'une nostalgie prononcée, Qu'elle était verte ma vallée permet au cinéaste de dériver un peu du western pour lequel il est célèbre. Ce film aux 5...