Europa Corp version insulaire
Luc Besson a trouvé son équivalant outre-Manche. Shank est ce que pourrait être un "Banlieue 13 UK" : archi stylisé et racoleur, scénario déjà vu qui tient sur une feuille de PQ, des personnages archi-caricaturaux, aucune surprise, aucun courage dans le propos. On est devant un énorme clip pas subtil pour un sou, où la caméra est incapable de se fixer plus de 2 secondes (et ça devient encore pire pendant les scènes d'action dont on ne voit RIEN) et où surtout, le réalisateur ne sait pas maîtriser son rythme.
On rentre dans le film par son milieu et ça fait plutôt envie : c'est violent, nerveux, il y a des partis pris de réalisation un peu originaux au premier abord et puis on revient 6 heures avant et toute la tension nerveuse fébrilement élaborée s'écroule : la petite bande des Papers Chasers joue les robins des bois, chante, danse (et mets tes baskets c'est sympa tu verras...) et se répètent adlib qu'ils sont une vraie famille et qu'ils se laisseront jamais tomber. Et même qu'ils sont contre la violence dans ce monde où ne pas l'être est un signe de faiblesse (mais t'as vu, eux, ils sont nobles). Il aurait fallu que le réalisateur choisisse ou maîtrise mieux ses effets, on y aurait gagné en subtilité. Mais vu que de toute façon, la référence ici semble être "The Warriors" (pas connu pour sa finesse), mieux vaut oublier.
La petite bande rencontre des "personnages hauts en couleur" qui s'enferment dans des monologues ratés et inutiles (pas si facile de faire du Guy Ritchie, lui même ne sait plus) dont on espère qu'ils se terminent rapidement, la progression de Junior et sa bande est scriptée à mort, comme un mauvais RPG et la fin... j'espérais AU MOINS un peu couilles mais non.
J'aurais mis 2 si Kedar Williams-Stirling ne dégageait pas quelque chose (sacré regard), s'il n'y avait pas eu quelques morceaux rap made in UK bien efficaces et s'il n'y avait pas eu Michael Socha que j'ai bien aimé dans This Is England. Mais diable, que c'est mauvais !