Après Shamelady, revoici Serge Rotelli et Benoît Grimmiaux dans le rôle du James Bond d'Éric Saussine, vivement inspiré de George Lazenby.
Curieusement, le film cherche à s'inscrire à la fois dans le sillage de Shamelady et dans la continuité d'Au Service secret de Sa Majesté. Une étrangeté totalement rattrapée par cette volonté de "rattraper" le hic de la saga EON. Ce hic réside dans le choix de la saga officielle d'adapter de manière chronologiquement inversée les romans Au Service secret de Sa Majesté et On ne vit que deux fois. Tandis que le roman On ne vit que deux fois fait suite à l'assassinat de Tracy Draco par Blofeld dans Au Service secret de Sa Majesté, les films font d'On ne vit que deux fois le précédent d'Au Service secret de Sa Majesté, rompant toute logique. Shatterhand, qui reprend le pseudonyme de Blofeld, fait le choix d'adapter l'intrigue réelle d'On ne vit que deux fois, recherchant Ian Fleming sous la cire de Roald Dahl. Un véritable plaisir de fan !
Cela donne lieu à un décor majestueux donnant corps au Jardin des Suicides imaginé par le père de 007, totalement absent du film écrit par celui de Charlie et la Chocolaterie. Un défi fou mais particulièrement bien réussi. On songera néanmoins, en visionnant ce film, au volet le plus fou des aventures de Francis Coplan FX-18, Coplan sauve sa peau, intitulé Der Teufelsgarten (le Jardin du Diable), où le James Bond français pénètre le Jardin secret d'un antagoniste qui communique avec Satan lui-même, sa forteresse recelant rien de moins que la porte de l'Enfer !
Shatterhand est d'ailleurs nourri de bien des références, qu'elles soient musicales, photographiques ou qu'elles tiennent de la citation du texte cinématographique bondien.
C'est un parfait pastiche du style du Bond lazenbien qui fait du bien en cette morne période Craig.
Il reste certes une fan-fiction de qualité, avec ses quelques défauts (qualité de l'image en mouvement, effets spéciaux dans les moments les plus spectaculaires), moyens obligent.
À voir.