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When we're asleep, nobody can tell a sane man from an insane man


Le sujet de la maladie mentale est forcément daté dans son traitement, de par les progrès exponentiels faits en matière de compréhension des troubles psychiques au cours des décennies, ainsi que par l’archaïsme des traitements contre-productifs employés (bien qu’ici critiqués). Mais heureusement, il n’est finalement pas au centre du récit de manière littérale, mais plus en tant que métaphore. Car c’est bien la folie des hommes au sens plus large qui intéresse Fuller, lui qui a débarqué en Normandie et vu l’horreur des camps.


L’enquête de Johnny n’est alors plus celle d’un meurtre, mais la reconsitution du puzzle qui permettrait de comprendre et traiter les causes de cette folie plutôt que cette conséquence. C’est l’Histoire de l’Amérique et de ses traumas qui est alors revisitée : de ses guerres à répétitions, des conséquences d’un progrès technologique qui ne s’interroge pas sur on éthique, de son déni de la question raciale, de l’esclavage à la ségrégation… Tant de démons, de cicatrices béantes, qui expliqueraient la perpétuation de la violence et de la haine, d’un capitalisme irrationnel (Johnny ne se mettant en danger que pour l’argent et la renommée du Pulitzer et non pour résoudre un crime)


Alors dans une forme quasi-expressionniste, le cinéaste nous fait plonger dans l'abîme aux côtés de son protagoniste. Il superpose les images et les voix (internes comme externes à Johnny) pour traduire l’insidiosité de la psychose initialement factice se muant en réalité par effet du conditionnement. Les angles de caméras de se décalent alors, créant confusion et inconfort pour l'œil du spectateur et achevant de brosser la folie rampante.


Seules quelques rares incursions en couleurs viennent apporter un répit, correspondant aux éclairs de lucidité des patients de l’asile. Des images de monuments imposants et sereins, de processions pacifiques, spirituelles et vivantes, d’une nature toute en beauté dans sa régularité. Comme si l’opposition entre le noir et blanc d’avant et la couleur de demain laissait percevoir un message d’optimisme pour l’avenir. La persistance contemporaine des problématiques déjà vraies il y a de cela six décennies lui donne malheureusement tort…


Shock Corridor est aussi captivant dans sa dimension allégorique que ennuyant lorsqu’il est littéral, portant alors en lui la même dualité que ses personnages, coincés entre deux plans du réel.


Créée

le 21 oct. 2025

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Frakkazak

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