Je ne comprends simplement pas comment ce film peut avoir été si mal compris en lisant les critiques. Le personnage de Nomi est complexe. Explosive et touchante, immature mais pourtant sûre d'où elle va. On ne la suit pas toujours car son histoire et les raisons de sa présence ne sont révélées que progressivement. Le film touche des réalités à peine exagérées et traite sans jugement les différentes places et conditions des femmes qui travaillent à Las Vegas.
Il place evidemment un regard critique sur l'opulence, le pouvoir, la domination et l'extrême pauvreté qui en découle, poussée à son paroxysme dans un vegas des années 80. Et si certains y voient un pervers chez Vervohen je crois qu'il faut en être un pour ne pas pouvoir voir plus loin que des corps la ou certes, les personnages féminins sont sexualisés. Le film est sur ce point critiquable, et c'est la qu'est aussi critiquable la subjectivité de tout esthetique: les corps nus sont casi exclusivement féminins, ils sont exclusivement blancs, minces, et sans aucun poil.
Le film fait globalement réfléchir sur le travail du sexe, l'hypocrisie autour de celui ci. La photo est excellente : du kitsh, des couleurs contrastées et des détails qui brillent.