Si Seulement... est ce qu'on pourrait appeler, dans le jargon cinématographique, un "péché mignon". On sait, en le regardant, que l'on n'est pas en face de la plus grande œuvre d'art jamais réalisée ; on sait que la réalisation ne réinvente pas les codes du genre ; on sait que la mémoire de l'humanité n'en sera pas transformée à jamais ; on sait tout ça.
Et pourtant... Et pourtant la magie opère. Et elle opère grâce à un ingrédient tout simple : l'humilité. Car, si nous savons tout cela, Gil Junger le sait aussi, et la divine Jennfier Love-Hewitt aussi, tout comme le chanceux Paul Nichols. Alors le film suit sa trame, et embarque gentiment le spectateur avec lui. On se prend d'affection pour ce couple qui bat de l'aile à force de routine. On pleure avec lui - la scène est, il faut le dire, touchante et bien réalisée -, et on rentre dans la peau de cet homme qui veut sauver sa femme malgré un destin déjà tout tracé, et de mieux en mieux tracé. On est dans ses baskets quand la tension monte, devient violente et se relâche devant ce concert certes affreusement cliché, mais qui permet à Jennifer Love-Hewitt de revenir à ses premiers talents de chanteuse. Et on est avec elle jusqu'à la fin du film.
On le voit donc : il y a du bien connu, du cliché et du bon. Mais on pardonne à Gil Junger ses errements parce que le film fait finalement très humain. On s'identifie, on pleure quand ils pleurent, on espère avec eux, et on rit quand c'est prévu.
En ce sens, Si seulement... est un film qui gagne à être vu et connu. Comme nous l'avons dit, il ne marquera pas les mémoires - mêmes s'il a marqué la mienne, je le confesse -, mais il est profondément sincère, et permet à son spectateur de passer un joli moment, tout en le remuant.