Le début du film commençait bien : on partait sur une ambiance glauque mystérieuse très bien implantée, comme le cinéma coréen sait faire. Un homme arrive dans une petite ville paumée de Corée pour y exercer comme professeur. Le doute plane sur le directeur et son jumeau (bizarres à souhait) ainsi que les différentes personnes qui travaillent à l’école, et même cette femme qui emboutit la voiture du personnage principal. Mais très vite, cette ambiance sera gâchée et ça va devenir ... le procès, le procès, le procès. On est en train de perdre le procès et on ne peut rien y faire, même avec la « performance » parfaite de la petite qui arrive miraculeusement à écouter de la musique malgré sa surdité, et malgré les preuves vidéo des faits (que demander de plus ??!!). Ça en devient un peu trop caricatural. Ce focus sur le déroulement du procès nous fait perdre contact avec les personnages, et avec l’empathie qu’on avait développé à leur égard. Alors qu’au début on vivait à travers le regard du professeur, on y est totalement extérieur à la fin. C’est dommage.
Autre remarque : les scènes de violences physiques et sexuelles sont explicites, ce qui veut dire que les acteurs enfants ont réellement été touchés de cette manière. La main du monsieur a réellement caressé la poitrine de telle enfant. Tel autre gamin s’est réellement pris 5-6 gifles d’affilée. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement vu la manière dont ça a été filmé, et c’est pas terrible … Cela dit, au-delà de la considération pour les acteurs, la violence du film ne m’a pas dérangée. Ça en fait un film dur, mais au moins on ne peut pas lui reprocher d’être trop pudique sur les problèmes qu’il dénonce. C’est en cohérence avec la gravité du ton de l’histoire.