On vient de finir A Silent Voice avec ma femme, un film réalisé par Naoko Yamada, qui commence clairement à accumuler à son actif un certain nombre de petites pépites.
Concernant A Silent Voice, on est face à un film tout en douceur, alors même qu’il aborde des sujets extrêmement graves : le suicide, le harcèlement scolaire, l’anxiété sociale. Par déformation intellectuelle, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au Suicide d’Émile Durkheim, aux analyses de Bourdieu sur la violence symbolique, mais aussi au sentiment d’inutilité radicale que l’on retrouve dans La Métamorphose de Kafka.
Disons que le film propose une vision élargie de ces thématiques, qui sont ici traitées avec une réelle déférence. On y retrouve beaucoup de phrases, de symboles et d’indices subtilement ficelés, qui amènent naturellement à la réflexion. De ce point de vue-là, c’est très réussi.
En revanche, là où le film me laisse plus mitigé, c’est dans son développement narratif. J’ai le sentiment qu’il ne va pas assez loin et qu’il se conclut sur un happy end un peu trop simple, comme si la solution aux traumatismes profonds qu’il met en scène se résumait à « avoir des amis ». Cette résolution paraît presque en décalage avec la gravité des sujets abordés.
Cela dit, la réalisation regorge d’idées rafraîchissantes et parfois franchement innovantes. La mise en scène, elle, est souvent brillante. Mais malgré cela, on reste un peu sur sa faim à la fin du film : le happy end se télescope avec des problématiques dramatiques qui, dans la réalité, ne se résolvent pas d’un coup de baguette magique scénaristique.
C’est précisément pour cette raison que, malgré de très belles qualités et une exécution globalement solide, je ne lui ai pas attribué une note dithyrambique.