Sils Maria commence bien et accroche vite.
Dès le trajet en train et la mort du dramaturge, il y a une ambiance calme et un peu étrange qui se met en place. On découvre les personnages dans le feu de l'action, Juliette Binoche en actrice célèbre, ayant d'abord du mal à accepter son âge et un peu dépassée par tout ça et Kristen Stewart, très naturelle et crédible en assistante perso, agissant un peu comme un alter-égo jeune de l'actrice.
Le film est malin dans sa façon de parler du temps qui passe et du métier d’actrice. L’idée de devoir jouer dans une même pièce un rôle vieillissant alors qu’elle était la jeune par le passé pousse la protagoniste à regarder son propre vieillissement en face. La rencontre avec la jeune star, la fiction qui se mêle à la réalité (notamment lors des répétitions, où l'on se demande par moment si elles parlent du texte ou de leur vraie relation), les ballades au milieu des paysages suisses, tout cela fonctionne plutôt bien, donnant une ambiance à la fois calme et hypnotique.
Alors, tout n'est pas parfait non plus.
Petit à petit, le film perd un peu en rythme. Certaines scènes donnent une impression de répétition sans que ce soit justifié. On sent qu'Assayas n'ose pas aller trop loin dans le mélange fiction/réalité, qu'il a trop de retenu par rapport au potentiel, et que par moment le film tient surtout sur les épaules du personnages de Kristen Stewart.
Au final, même si tout ne fonctionne pas parfaitement, le film garde de vraies qualités : deux personnages/comédiennes qui se prêtent à un jeu ambigu, avec une Kristen Stewart particulièrement convaincante, capable de brouiller les pistes du début à la fin. Le film n’exploite pas entièrement son potentiel, mais il reste intéressant à voir, autant pour ses thèmes que pour son ambiance.