En partant de sujets apparemment lourds (la paternité, la judéité, les troubles psychiatriques) Mikael Buch nous offre un film limpide et bouleversant. Il faut terriblement aimer les gens pour être capable de composer une galerie de portraits aussi juste et implacable. Le moindre personnage secondaire existe comme une évidence. Mais rentrons dans le détail: Félix Moati est fébrile, rageur et amoureux dans le rôle de Simon. Nils Othenin-Girard, le jeune Théodore, est merveilleux d'insolence et de vie. Mélanie Bernier est la lumière du film, elle illumine même les scènes dans lesquelles elle n'est pas. Et Audrey Lamy est si juste et émouvante qu'elle semble être née pour ce rôle. Le film colle à la peau et aux sentiments de chacun en osant naviguer entre la comédie subtile et le drame viscéral. Une chose est sûre: l'émotion que nous laisse la fin du film n'est pas prête de disparaître. Et comme pour la prolonger, on aurait envie de partir se balader dans Paris, à la recherche de ces personnages si terriblement humains.