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le 16 nov. 2023
SuivrePure de jouvence
Après la parenthèse Babysitter qui adaptait une pièce préexistante, Monia Chokri semble renouer avec la comédie sentimentale en forme d’autoportrait qu’était La Femme de mon frère, son premier long...
Si c'est pour nous apprendre qu'il y a un lien entre les sentiments et le sexe, c'est beaucoup trop long. Si c'est pour nous faire rire, il y a les films de Denys Arcand. Si c'est pour nous apprendre que les discussions des intellectuels peuvent être absconses et ampoulées, tout le monde le sait...les intellectuels les premiers. Si c'est pour nous sensibiliser aux classes sociales, il y a Marx. Si c'est pour nous apprendre qu'une femme de 40 ans peut avoir une sexualité, c'est sinistre et inquiétant. Si c'est pour nous dire que la passion passe par l'adultère, il ne faut pas se marier. Et j'en passe.
Ce film est prétentieux et rempli de stéréotypes. Je pense que la réalisatrice n'a pas connu beaucoup de milieux sociaux, et qu'elle est donc obligée de faire appel à de très nombreux archétypes. Ennuyeux...Il aurait fallu créer des personnages complexes et évolutifs; là, c'est beaucoup trop figé.
Et alors ces personnages masculins tout lisses, tout gentils, tout beaux, tout mièvres, il faut arrêter, parce que ça n'est pas crédible...et heureusement, aucun homme (ni femme d'ailleurs) n'est comme ça, c'est absurde. Il y a exactement le même problème dans "Tout va bien'" et dans "Les enfants des autres": des rôles masculins ineptes et improbables. C'est une tendance que je m'explique mal (enfin, disons que j'ai mon idée, mais que je dois vérifier), mais que je trouve très préoccupante.
Beaucoup de spectateurs auraient dit à la réalisatrice qu'ils avaient eu envie de faire l'amour après le visionnage de ce film (dixit Chokri sur FCulture). Pas moi, j'ai plutôt eu envie de voir une œuvre bien écrite, sans clichés absurdes ou de rôles masculins invraisemblables. "Harold et Maude", par exemple, pour rester dans la comédie romantique. Ou "Parfum de femmes" (ah tiens, un personnage masculin complexe, fort et faible...).
Une grosse déception, et je pèse mes mots. C'est d'autant plus curieux que Chokri respire l'intelligence, mais ses oeuvres ne cessent de me décevoir.
Créée
le 13 déc. 2023
Critique lue 613 fois
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